‹ La philosophie de Malebranche (volume 3)Chapitre 20 sur 98 · Ibid,f I, ch. I · texte numérisé non relu

Ibid,f I, ch. I

dessus des jugements des sens et des opinions communes; et « ce ne sont, dans ses écrits, que comparaisons prises des hommes, ou des pensées populaires et peu dignes d'un philosophe *. j> Il représente Dieu comme un excellent ouvrier qui préférerait un dessein moins parfait à uti autre plus parfait, parce que le premier peut s'exécuter par des voies plus simples que le dernier : comparaison fausse; car même parmi les hommes les excellents ouvriers ont avant tout en vue la beauté de l'ouvrage, et c'est leur impuissance seule et l'insuffisance de leurs ressources qui les forcent à songer à la dépense *^. Il est fort embarrassé à la vue de la pluie tombant dans la mer ou sur des sablons aussi bien que sur les terres ensemencées, et il trouve que c'est un désordre que la généralité et la simpUcité des voies peuvent seules justifier : inquiétude puérile; car enfin la pluie n'a-t-elle d'autre usage que de taire croître nos récoltes? N'a-t-elle pas beaucoup d'autres effets que nous connaissons, et une infinité d'autres que nous ne connaissons pas^? Ainsi, au nom de ces grands principes métaphysiques dont il fait tant de bruit, le philosophe ne juge bien souvent de Dieu et de son ouvrage que d'une façon purement humaine, il prête à l'Être infiniment parfait les imperfections et les faiblesses de l'homme,

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