‹ La philosophie de Malebranche (volume 3)Chapitre 70 sur 98 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

même, affirme son existence sentie seulement jusque-là, affirme toute existence, l'existence nécessaire, la cause suprême et infinie, a enfin, pour tout dire en deux mots, l'idée de lui-même, l'idée des choses extérieures, l'idée de Dieu *.

Il est inutile d'insister sur cette doctrine qui n'est pas sans analogie avec celle que nous exposerons nous-mêmes dans notre conclusion. Avant d'avoir fait connaissance avec l'abbé de Lignac, notre pensée était formée et arrêtée : en retrouvant chez lui tant de choses qui avaient de la ressemblance avec ce que nous pensions nous-même, nous avons éprouvé un secret plaisir, et ses théories ont excité par cela même fort vivement notre intérêt.

Il a donc compris que le point de départ de la philosophie comme de la connaissance elle-même est dans l'expérience, et il a bien vu ce qu'est l'expérience, comment elle embrasse tout d'une certaine façon, comment tout est senti avapt d'être connu. L'empirisme se réduit aux faits. L'expérience, telle que l'entend l'abbé de Lignac, c'est la rencontre de l'esprit et de la réalité : rencontre de tous les instants, ou, pour mieux dire encore, commerce intime, dans lequel la réalité se donne et agit, et l'esprit reçoit l'impression qui le stimule lui-même à agir. La tâche et l'honneur d'éclaircir tout lui

1. Éléments de métaphysique et Témoignage du sens intime, passim.'

restent, et ainsi cette théorie fait dans la connaissance la part de l'activité humaine en même temps 4ue celle des objets et de Dieu.

^ »IMalebranche prétendait que nous n'avons pas d'idée de l'âme; l'abbé de Lignac montre que le àeiitiment intérieur s'éclaircit par l'attention, et se ^dmnge en connaissance.

ii(>Màtebranche voulait que l'âme contemplât en Dieu lefe vérités éternelles et même les choses senisibleSij l'iibbé de Lignac montre que nous ne voyons pas ;Dîe(u, mais que nous le sentons, et que ce sentiment peut, par le travail de l'attention, devenir Ulie/idéew. ii .

Malebranôhe dit bien de l'attention qu'elle est uhelpnière Naturelle de l'esprit désirant d'être éclairé idoi lai vérité> il ajoute qu'elle est la causé oçcasiopubëlle de? cette illumination divine qui opère en »ouâ la connaissance. Mais l'abbé de Lignac décJaro-jqufi' rame est vraiment active, et, rejetant eiitièremeét ici les causes occasionnelles qu'il conserve) ailleurs^ il affirme que l'âme est une cause, une caOseptoduotrice; il reconnaît que «la théorie eontraire^ favorise on > ne >péut pas plus le spinozisme ïnoderneiS» 4K . ; ir

Malebraiïche se laii^se entraîner aux excès de l'idéialismé. L'abbé de Lignac, qui a la même foi

Page 1