‹ La philosophie de Malebranche (volume 3)Chapitre 93 sur 98 · Saint Paul, Ep. à TitSy n, 11 j m · texte numérisé non relu

Saint Paul, Ep. à TitSy n, 11 j m

nous écrions : Et nos cognos^imus et credidimus caritati quant habet Deus in nobis. Deus caritas est *. Malebranche entend de la façon la plus rigoureuse le péché originel. D'accord avec les plus grands théologiens, nous nous en faisons une autre idée. Dieu pouvait, sans manquer ni de justice ni de bonté, créer Thomme dans l'état de pure nature, et même enveloppé d'ignorance, assujetti aux choses sensibles, mais capable par sa raison et sa liberté de travailler à dissiper ces ombres et à se dégager de ces entraves. Dieu a voulu que la nature dans le premier homme fût dans un état d'intégrité parfaite et de plus enrichie de dons surnaturels. Le péché l'a dépouillé, et en même temps a porté atteinte à son intégrité: il s'est trouvé nu et faible, lui qui avait été revêtu de tant de grâces et si fort. C'est dans cet état de nudité morale et de faiblesse que tous ses descendants naissent. C'est bien une corruption, puisqu'un état meilleur leur était destiné; c'est bien une chute, puisqu'ils étaient faits pour quelque chose de plus relevé ; c'est un état de désordre, ou, pour parler la langue de la théologie, un état de péché ^ puisque, pouvant être originellement tournés vers Dieu, ils se trouvent, au contraire, détournés de Dieu, et incapables de ressaisir par leurs propres forces la parfaite direction de leurs mou-

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