Encore de Bossuet au même chapitre
2. Voir aussi Lettres sur la mélaph, et la relig. IV, 2. «Rien n'est plus faux que ce que j'entends dire : savoir que Dieu est nécessité par l'ordre, qui est lui-môme, à produire tout ce qu'il pouvait faire de plus parfait. Ce raisonnement irait à prouver que l'actuelle production de la créature est éternelle et essentielle au Créateur.» Dans toute cette lettre. Fénelon, «sans vouloir critiquer ni nommer personne,» et en « laissant librement raisonner chacun autant que la religion le permet, » pense très-certainement à Malebranche, quand il parle de ces Cartésiens « qui ont embrassé des opinions trop hardies en s'appuyant sur les principes de Descartes, » et « de plusieurs philosophes de son temps, d'ailleurs très-estimables, qui n'ont pas eu assez d'exactitude dans ce qu'ils ont dit sur la liberté de Dieu pour •ses ouvrages extérieurs. »
3. Réfutatiorij ch. xx et xxii. — Dans un fragment sur le cuUe dû à Dieu, Bossuet dit : a Si la religion chrétienne donne aux hommes un médiateur nécessaire pour aller à Dieu, c'est-à-dire Jésus-Christ, ce n'est pas que Dieu dédaigne leur nature qu'il a faite ; mais c'est que leur péché, qu'il n'a pas fait, a besoin d'être expié par le sang du Juste. »
74 DEUXIÈME PARTIE. — CUAPITUE I.
fût une chose contraire à l'ordre, indigne de Dieu, mauvaise MI ne faut plus dire enfin que Dieu devait, pour se conformer à l'ordre, produire son ouvrage par les voies les plus simples ; car c'est laisser croire que ce même ouvrage, produit par des voies plus composées, coûterait quelque chose de plus à la volonté divine, c'est oublier que la perfection et la simplicité se trouvent rion dans Touvrage, mais dans l'acte créateur, c'est imposer à Dieu la nécessité de faire le meilleur, ce qui, nous l'avons vu, est une chimère^. Ainsi Fénelon sauve la liberté divine sans porter atteinte à la sagesse, et pour cela il lui suffit de comparer la vraie notion de l'être parfait et la vraie notion de la créature. Il montre Malebranche entraîné par l'oubli de ces principes aux plus fâcheuses conséquences : la création nécessaire si l'ordre exige que l'univers soit le plus parfait qui se puisse concevoir^; tout auti^e monde que le monde actuel impossible, et à vrai dire mauvais en tant que contraire à l'ordre * ; la création et le Verbe