Jbid.f ch. vu
4. Ibid,f ch. m, xxi et xxii. Au chap. xxiv, Fénelon disant que dans le système de Malebranche, toute créature considérée séparément du Verbe est contraire à l'ordre, indigne de Dieu, et mauvaise, Bossuet remarque « que Tauteur ne semble pas obligé à dire que le monde, sans rincamalion, est sans aucun bien ; il suffit qu'il dise qu'il n'a pas le degré de perfection qui le rend absolument digue de Dieu, non qu'il soit mauvais en soi, maid parce qu'il n'est pas assez bon. »
divin confondus * ; Dieu nécessaire au monde pour le créer, mais le monde nécessaire à Dieu pour Taccomplissement de son ordre inviolable, c'est-àdire pour la conservation de sa nature infiniment parfaite; ainsi l'existence du monde dépendant de la puissance de Dieu, mais l'infinie perfection de Dieu dépendant de l'éternelle création du monde, en sorte que Dieu ne peut non plus se passer de créer le monde que d'engendrer son Verbe. Voilà donc dans la créature la souveraine perfection, puisque non-seulement elle a une existence nécessaire, mais nécessaire à Dieu même; et voilà en Dieu la souveraine imperfection, puisqu'il ne peut être parfait, en un mot, puisqu'il ne peut être Dieu même sans l'existence actuelle de sa créature^. Non, il ne faut pas supposer Dieu obligé par l'ordre à créer, et à créer ceci plutôt que cela. Dieu est libre : parmi tous les degrés d'être, il choisit celui ou ceux qu'il lui plaît; et quel que soit celui qu'il choisisse, il est bon et digne de Dieu ^. Maintenant, chaque être sort des mains du Créateur avec le
1. Réfutation j ch. xxiv. Bossue t trouve «ce chapitre d'une grande subtilité et fort abstrait. »