‹ La philosophie de Malebranche (volume 4)Chapitre 46 sur 93 · Réflexions sur la prémolion physique (1715), g · texte numérisé non relu

Réflexions sur la prémolion physique (1715), g

toujours présente à sa pensée, illumine, si je puis dire, tous ses écrits.

Bayle attaque Toptimisme. Il adopte la théorie cartésienne de la création continuée, à titre d'hypothèse, bien entendu, et non pour relever la puissance de Dieu, mais parce que rien ne lui parait plus logique, d'une part, et plus contraire, d'autre part, à cette liberté que nous prétendons posséder. Si l'explication des choses la plus naturelle et la mieux fondée en raison, compromet ou plutôt ruine le libre arbitre dont nous croyons avoir un sentiment intérieur invincible, voilà assurément une arme, excellente entre les mains d'un sceptique. Bayle ne se fait pas faute d'en user. 11 admet donc la création continuée, et pousse cette hypothèse jusqu'à ses conséquences extrêmes, t Comment un être créé serait-il un principe d'action? t La substance est créée à chaque instant avec ses facultés et ses modalités : car tout cela ne fait qu'un. JDieu est l'auteur unique et immédiat de tout mouvement local. € 11 n'y a que Dieu qui puisse communiquer des idées à notre âme : l'âme n'est point la cause des idées, elle ne sait de quelle manière elles s'excitent, elle en voudrait qu'elle n'a pas, elle en a qu'elle voudrait n'avoir point : si elle les tirait de son propre fond, elles ne pourraient lui représenter rien de plus parfait qu'elle-même. C'est donc Dieu qui nous communique l'idée que nous avons

de lui, il existe souverainement parfait, car s'il n'existait pas tel, il oe pourrait pas la mettre dans notre esprit'. > Qu'est-ce que tout cela, sinon du Malebranche tout pur pour la doctrine, avec cette aisance, et ce je ne sais quoi de léger dans le lanqui est le propre de Bayle? Écoutez mainte- ;e qui suit : t Mais alors Dieu sera la cause des de notre volonté?» Oh! ceci, « c'est un : la philosophie n'y peut voir goutte, il faut rir humblement aux lumières révélées*. » >ce à dire, sinon qu'en suivant jusqu'au bout ion de Dieu on supprime le libre arbitre, conservant le libre arbitre on limite la puisde Dieu, et que la foi en proclamant la touteince de Dieu et le libre arbitre, affirme deux s contradictoires ? Selon les principes de Des- , admis et développés par Malebranche, Dieu inc seule cause efficace, et tous les êtres sont s, Qième l'âme par couséquent. < Si l'on n'a poussé la chose jusqu'aux volitions, dit c'est à cause des vérités révélées; car sans les actes de la volonté se seraient trouvés passifs que ceux de l'entendement. Les s raisons qui prouvent que notre âme ne point nos idées et ne remue point nos or- , prouveraient aussi qu'elle ne peut point

nlinuation det pensées diverses, ch. m, p. 34.1 (I. II). d., p. 342.

former nos actes d'amour et nos volitîons *. ^ C'est élever contre Malebranche un soupçon injuste que dé donner à entendre qu'il n'a maintenu la liberté dans son système que par prudence : il a toujours cru très-sincèrement au libre arbitre. Mais c'est mettre le doigt sur le vice de ce même système que de le montrer logiquement entraîné au fatalisme, et le parti même que Bayle prétend tirer des causes occasionnelles, est la condamnation de cette hypothèse^.

Ainsi, Bayle, soit par ses vives critiques, soit par sa compromettante adhésion, nous avertit de la valeur des théories qu'il examine.

1** Il fait bien voir la témérité de Malebranche trop

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