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même, affirme son existence sentie seulement jusque-là, affirme toute existence, l'existence nécessaire, la cause suprême et infinie, a enfin, pour tout dire en deux mots, l'idée de lui-même, Tidée des choses extérieures, l'idée de Dieu '.
Il est inutile d'insister sur cette doctrine qui n'est pas sans analogie avec celle que nous exposerons nous-mêmes dans notre conclusion. Avant d'avoir fait connaissance avec l'abbé de Lignac, notre pensée était formée et arrêtée : en retrouvant chez lui tant de choses qui avaient de la ressemblance avec ce que nous pensions nous-même, nous avons éprouvé un secret plaisir, et ses théories ont excité par cela même fort vivement notre intérêt.
Il a donc compris que le point de départ de la philosophie comme de la connaissance elle-même est dans l'expérience, et il a bien vu ce qu'est l'expérience, comment elle, embrasse tout d'une certaine façon, comment tout est senti avant d'être connu. L'empirisme se réduit aux faits. L'expérience, telle que l'entend l'abbé de Lignac, c'est la rencontre de l'esprit et de la réalité : rencontre de tous les instants, ou, pour mieux dire encore, commerce intime, dans lequel la réalité se donne et agit, et l'esprit reçoit l'impression qui le stimule lui-même à agir, La* tâche et l'honfleur d'éclaircir tout lui
1. Éléments de métaphysique et Témoignage du sens intime, passim.
restent, et ainsi cette théorie fait dans la connaissance la part de l'activité humaine en même temps que celle des objets et de Dieu.
Malebranche prétendait que nous n'avons pas d'idée de l'âme; l'abbé de Lignac montre que le sentiment intérieur s'éclaircit par l'attention, et se change en connaissance.
Malebranche voulait que l'âme contemplât en Dieu les vérités éternelles et même les choses sensibles ; l'abbé de Lignac montre que nous ne voyons pas Dieu, mais que nous le sentons, et que ce sentiment peut, par le travail de l'attention, devenir une idée.
Malebranche dit bien de l'attention qu'elle est une prière naturelle de l'esprit désirant d'être éclairé de la vérité, il ajoute qu'elle est la cause occasionnelle de cette illumination divine qui opère en nous la connaissance. Mais l'abbé de Lignac déclare que l'âme est vraiment active, et, rejetant entièrement ici les causes occasionnelles qu'il conserve ailleurs, il affirme que l'âme est une cause, une cause productrice; il reconnaît que € la théorie contraire favorise on ne peut pas plus le spinozisme moderne ^»
Malebranche se laisse entraîner aux excès de l'idéalisme. L'abbé de Lignac, qui a la même foi