‹ La philosophie de Malebranche (volume 4)Chapitre 59 sur 93 · Wd., p · texte numérisé non relu

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réel. L*âme subit dès son premier mouvement comme une impression de la divinité. Elle sent tout d'abord que les modifications qu'elle éprouve lui viennent d'une cause étrangère, et comme elle sent qu'il lui est impossible de ne pas les éprouver, elle prend, avec la notion de nécessité, celle d'une volonté toute-puissante sur elle *. A mesure qu'elle réfléchit sur sa propre nature, elle arrive à découvrir les attributs divins. Le sentiment confus et obscur devient la connaissance proprement dite.

Le sens de l'existence personnelle, le sens de la coexistence, le sens de l'existence divine, telle est la triple origine du connaître. L'esprit, qui est actif, travaille sur ces données premières : il fait la connaissance : sans l'attention par laquelle la notion est dégagée du sentiment qui l'enveloppe, nous n'aurions jamais d'idées. L'esprit sans doute n'est pas sa lumière à lui-même ; mais c'est lui qui dispose des rayons de la lumière, et ainsi il est le créateur de ses idées ^. L'âme, dans l'acte de volonté, est vraiment cause, et cause productrice'. Or, l'attention, condition de la connaissance véritable, est un acte volontaire. C'est donc par un effort de sa libre activité que l'homme arrive à découvrir ce fond d'être indépendant des sensations qui est lui-

!• ÉUmenU de métaphysique ^ p. 29.

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