Saint Jean, Ep» 1, iv
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vcments. Mais certes ce n'est pas une raison poar croire que tout en eux soit foncièrement mauvais, que tous leurs efforts soient stériles, et leurs vertus humaines abominables devant Dieu. Même laissés à eux-mêmes ( mais peut-on dire que la grâce réparatrice manque entièrement à aucun homme? ), ils out encore dans leur nature quelque chose de bon; leur raison n'est point sans lumière, et leur hbre arbitre, diminué, atunuatum, n'est point anéanti, exstînctum. L'honnêteté naturelle leur est connue; « l'agrément immortel de la vertu > se fait sentir à leur cœur; ils font des efforts, non point méritoires pour le ciel, mais non sans prix aux yeux de Dieu. Ils sont « purement hommes, i et hommes blessés par le péché. Mais quoi ! si leur ignorance de la réparation par Jésus-Christ est invincible, sent-ils punis comme s'ils l'avaient méprisée et rer tée ? La dégradation de la nature en eux par le Sché d'origine leur sera-t-elle imputée de la même anière qu'une faute personnelle? Non, assuréent. Que la conséquence de ce péché d'origine >it la privation des joies surnaturelles auxquelles nature ne donne point de droit: soit, c'est lé^me, et en ce sens-là le péché originel entraîne la %mnation. Mais cette privation même est-elle, à raprement parler, un supplice pour l'âme qui n'a a que soupçonner à peine l'état supérieur dont le est déchue ?Cette privation n'est-elle point par-
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faitemeot compatible avec un bonheur naturel procuré par la connaissance rationnelle de Dieu, et par l'amour né de cette connaissance? Ceux qui n'ont point connu Jésus-Christ ne sont point jugés selon lâ loi de Jésus-Christ. Ils n'ont d'autre loi que la loi naturelle, < ipsi sibi sunt fej: ', »et cette loi seule lesjuge. Pourquoi Dieu, auteur de cette loi, ne récompenserait-i! point ceux qui, n'en connaissant point d'autre, s'efforcent de la suivre? Quelle étrange justice que celle qui obligerait le Juge souverain à rester insensible à ces vertus naturelles et humaines, comme si ces vertus n'étaient aii fond que des péchés? Pourquoi n'aurait^il point dans sa miséricorde et dans sa sagesse le moyen de traiter selon leur mérite les âmes qui pratiquent ces vertus? El qui sait même, si les traitant au delà de leur mérite, il ne leur donne pas en cette vie, par quelque opération secrète et admirable, je ne sais quelle connaissance ou je ne sais quel désir du Réparateur, par où elles se trouvent rattachées en quelque manière à Jésus-Christ, et rendues capables de participer au salut? Sur tous ces points il entrait sans doute dans les desseins de la Providence qu'une obscurité mystérieuse et salutaire déconcertât notre curiosité; et l'Église dans sa sages n'a décidé que l'essentiel. Il faut donc bien se ga