Ibid., 1, ch. II
grande idée de sa bonté ; » le P. Malebranche montrant qu'une conduite générale est bien plus digne de Dieu, et que le meilleur moyen de l'aimer comme il faut, c'est de le connaître tel qu'il est^
Voilà donc à quels excès on est entraîné, selon Arnauld, quand on pense avoir, par la raison, commerce avec Dieu mùme. Et ces bautes prétentions n'empecbent pas le médiiaùf d'être asservi « aux préjugés de l'enfance-. » Lorsqu'il soutient, par exemple, « qu'il vaut mieux faire un monde avec des défauts visibles par des voies plus simples, que d'en faire un sans défaut par des voies plus composées, » il parle « comme si c'était un embarras pour Dieu d'avoir plusieurs desseins \ » Quand il donne à Dieu « le nom éblouissant de cause universelle, » il semble le prendre « dans une signification basse et proportionnée à la faiblesse bumaine, » comme si Dieu ne pouvait sans fatigue « vouloir chaque effet en particulier positivement et directement ^ » Il se flatte de ne consulter et de ne suivre que l'idée vaste et immense de l'Être infiniment parfait', et il paraît oublier que « rien n'est pénible à Dieu et que Dieu fait tout avec une facilité toute-puissante^. » Il se pique de s'élever bien au-