‹ La philosophie de Malebranche (volume 5)Chapitre 41 sur 100 · Nouv. de la Rép. des LclL, avril 1684, art · texte numérisé non relu

Nouv. de la Rép. des LclL, avril 1684, art

7. Ibid., août 1684, art. 3. C'est là que Bayle parlant du Traité de Morale, dit : «< On y verra le premier philosophe de ce siècle

sujet qu'il traite, on reconnaît toujours en lui « un génie fort net, et qui s'exprime vivement S » et s'il vient un moment où « certaines personnes ne comprennent plus rien dans ses livres, elles ne doivent s'en prendre qu'à la petitesse de leur esprit, ou au peu d'habitude qu'elles ont des matières abstraites^. »

Est-ce là le langage d'un critique ou d'un admirateur? Les louanges ne sont pas ménagées, et c'est de bon cœur, si je puis dire, et avec un sentiment de sympathie manifeste, qu'elles sont données. Néanmoins, dans les traits mêmes que je viens de rapporter, ne devine-t-on pas qu'il existe une opposition profonde entre celui qui admire et celui qui est admiré? C'est le talent de l'écrivain que Bayle se plaît à relever : ce sont les inventions merveilleuses, et le style exquis, et les jolies choses, qu'il loue. Ses louanges, si sincères qu'elles fussent, devaient faire horreur à Malebranche : car elles négligeaient le principal, l'essentiel ; elles ne s'adressaient pas à la vérité, mais à la vraisemblance; elles ne s'inquiétaient guère de la doctrine, et ne

raisonner perpétuellement sur des principes qui supposent de toute nécessité un Dieu tout sage, tout-puissant, la source unique de tout bien, la cause immédiate de tous nos plaisirs et de toutes nos idées. » Mais ce que Bayle goûte le plus, ce sont ces chapitres dont il dit qu'ils sont « fort curieux, et plus aisés à enlendre que beaucoup d'autres, » c'est-à-dire moins métaphysiques.

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