‹ La philosophie de Malebranche (volume 5)Chapitre 44 sur 100 · Ibid., ch.CLii(p · texte numérisé non relu

Ibid., ch.CLii(p

naître, il en indiquera le plan, signalera les parties les plus remarquables, citera môme certains passages. Puis il dira son mot, discrètement, rapidement, non sans ironie et sans malice : « dans cette assiette flottante * » où il est placé, il jugera les combattants, et leurs procédés, et leurs doctrines; le bon sens et un sentiment naturel d'équité se joignant à cet esprit d'indifférence, il aura dans ses jugements de la modération, de la finesse, de la justesse : sa critique manquera d'élévation, et de ce sérieux que donnent seules des convictions enracinées, mais elle sera pénétrante et judicieuse. Ainsi, dès le début, annonçant la Réponse de Malebranche au Livre des vraies et des fausses idées ^ il écrit : a Le Traité de la nature et de la grâce ayant fait connaître à Messieurs de Port-Royal que l'auteur de la Recherche de la vérité n'était pas janséniste comme ils l'avaient cru, n'eut pas le bonheur de leur plaire-. » C'est méchant, mais comme c'est finement dit, et comme il y a du vrai là-dedans! Plus tard, parlant d'un autre écrit de Malebranche qui venait de paraître, il dit : « Ces deux grands hommes, tous deux esprits extraordinaires, grands philosophes, d'une morale rigide, ne sont pas plus contents l'un de l'autre

1 . C'est ce que Pascal dit de Montaigne dans son Entretien avec M. de Saci.

Page 1