‹ La philosophie de Malebranche (volume 5)Chapitre 47 sur 100 · Ibid., duc. IG85, art. 1, p · texte numérisé non relu

Ibid., duc. IG85, art. 1, p

3. Ibid., après les articles dedéc. 1G85, p. 444. Arnauld répondit par une Disserlalion sur le préleiidu bonheur des sens (Cologne^ 1C87). Malebranche ne prit aucune part à cette lutte, parce qu'il

P. Malebranche en une feuille eût répondu bien mieux^ » dit-il agréablement. Quoi qu'il en soit, ses cinquante pages, à lui, sont intéressantes et instructives. Il montre à merveille comment Arnauld s'est mépris, et il dissipe l'équivoque des termes. Le plaisir rend heureux, actuellement heureux, celui qui le possède : cela ne veut pas dire que le plaisir soit le souverain bien. « Le souverain bien mérite par excellence la qualité de bonheur, comme Dieu mérite par excellence la qualité d'être ; mais cela n'empêche pas que comme la créature est un être très-réel, tout plaisir ne soit une féhcité très-réelle. » Il faut distinguer entre la réalité ou être physique et les attributs moraux des choses : le menteur prononce de véritables et réelles paroles, quoique fausses en un autre sens. De même les plaisirs des sens sont en eux-mêmes des biens très-réels : celui qui les goûte est physiquement et réellement dans un état de bonheur ; et s'ils peuvent être appelés faux et mauvais, c'est au point de vue moral et en tant qu'ils peuvent attirer à celui qui les goûte de très-grandes peines. S'étonnera-t-on de cette alliance entre le plaisir et

n'avait pu lire les derniers chapitres des Réflexions « sans être ému et sans craindre de blesser la charité en y répondant. » Mais en 1 693 et en 1694 des articles de Régis dans le Journal des savants ranimèrent le combat. Malebranche répondit à Régis et défendit contre lui ses opinions sur les idées et les plaisirs. Arnauld , dans quatre lettres, les d^c\8irs.insoi(tenobles et les combattit vivement.

le péché en ce monde? Et essaiera-t-on d'en diminuer le scandale en niant que les plaisirs soient des biens? Vaine précaution. « Nos artifices, nos fraudes pieuses, tous les détours de notre prudence se trouvent enfin trop courts quand on les emploie pour le mensonge. Et après tout. Dieu n'est pas comme les princes de la terre, qui ont besoin qu'on supprime quelques-unes de leurs actions. 11 n'a rien fait qui ne soit digne d'un Être infiniment sage et qui ne lui soit infiniment glorieux. Ainsi, on n'a que faire d'user pour lui de ces petits ménagements et de ces omissions officieuses, dont les historiens des plus grands monarques doivent se servir, s'ils veulent sauver la réputation de leurs héros ' . » Affirmons donc hautement cette alliance sans craindre les queii dira-t-oii et le scandale des esprits faibles. La sagesse de Dieu y éclate. Si le plaisir n'était pas un bien, mais une apparence creuse et imaginaire, où serait le mérite du sacrifice ?

Cette défense est vigoureuse, et le passage que j'ai cité en dernier lieu est éloquent. Cependant il faut tout dire : Bayle, exaltant la sagesse de Dieu, est suspect. Bayle, s'inclinant devant des mystères philosophiques ou théologiques, semble désireux de les faire trouver absurdes plutôt que respectables. La manière dont il traite ordinairement la

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