‹ La philosophie de Malebranche (volume 5)Chapitre 71 sur 100 · Ibid.^ part, vi, ch. m · texte numérisé non relu

Ibid.^ part, vi, ch. m

6. Parmi les nombreux ouvrages que Gerdil a composés pour défendre les principes de la morale, il faut particulièrement citer celui-ci,

11 montre qu'il y a entre le bien et le mal une distinction essentielle, que tout homme discerne naturellement le juste et l'injuste, que chez les sauvages mêmes la loi morale, souvent violée ou mal comprise, n'est pourtant ni ignorée, ni toujours méprisée; enfin, que l'ordre éternel est la forme immuable de l'honnête, la règle universelle des intelligences, la loi naturelle promulguée dans toute conscience d'homme, et que ne point le reconnaître ou soutenir des systèmes qui en rendent inexplicable la notion, c'est ôter à la morale son véritable fondement.

La philosophie sensualiste confond le beau avec l'agréable : Gerdil réclame contre cette confusion, et c'est dans l'ordre même qu'il va chercher le principe de la notion du beau aussi bien que celui de la notion du juste et de l'honnête *.

Au xviii^ siècle on fait des systèmes de politique ou d'éducation : Gerdil examine ces théories avec soin^, et y combat la philosophie sensualiste toutes les fois qu'elle s'y montre.

Enfin, au temps de Gerdil, on attaque souvent la

écrit en italien : je transcris le titre tout entier, il est significatif: Délia origine del senso morale, ossa demostrazione che vi ha nell* uomo un naturale criterio di approvazione e di biasimo, riguardante l'intrinseca morale differenza del giusto e deir ingiusto : il quale unitamente alla nozione dell' Ordine e del Bello nasce dalla facoltà che ha l'uomo di conoscere il vero.

1. Ouvrage cité ci-dessus. Voir aussi le Mémoire sur V ordre.

2. Voir, par exemple, V Anti-Émile ou Réflexions sur la théorie et la pratique de V éducation.

foi, OU on ne lui rend que d'hypocrites hommages : il s'attache à montrer que si elle est mystérieuse, elle n'est point absurde, et qu'une raison sévère, mais droite, ne peut rien trouver de solide à opposer à la révélation ^

Dans cette grande entreprise, inspirée par une pensée unique, dans cette guerre contre l'incrédulité sous toutes les formes, Gerdil, désireux de restaurer à la fois dans les esprits la religion et la vraie philosophie, a pour principes les principes mêmes de la métaphysique de Malebranche ; et il reproduit les théories et emprunte, en plusieurs endroits, jusqu'aux expressions de ce maître si sincèrement admiré et aimé. « Les corps n'ont aucune action réelle sur l'esprit; les idées ne sont point des modalités de l'âme, et ne sont rien de créé.... Dieu seul, ayant la plénitude de l'être, peut contenir la réahté de tous les genres, et en être la cause exemplaire non moins qu'efficiente.... La substance de Dieu est seule essentiellement intelligible -. Les idées sont la substance même de Dieu, en tant que représentative des êtres créés ^ L'être infini et sans restriction doit contenir la réalité ou la perfection qui se trouve dans tous les êtres particuliers, mais sans défaut et

1. Défense de Malebranche, dissert, prélim. déjà citée, et Introduzione aile studio délia religione, Turin, 1755.

2. Défense du sentiment de Malebranche, part, i, ch. m, 4, 8, 10.

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