‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 115 sur 237 · Soliloq., lib. I, cap · texte numérisé non relu

Soliloq., lib. I, cap

3. a Umbra dum amatur, languidiorem facit oculum animi, et invalidiorem ad perferendum conspectum (veritatis). » De lib. arh , lib. II, cap. 16. -^ te Qui se avertunt alumine tuo (Deus), ...tanquam dorsum ad te ponentes in carnali opère velut in umbra sua deflguntur, et tamen eliam ibi quod eos délectai^ adhuc habent de circumfulgentia lucis tuse. » 76. — Il arrive à l'âme de ne point savoir a quo lamine aspergatur. » Confess., lib. VIT, cap. 17.

4. « Ratio est mentis motio.,. » De ordine^ lib. II, cap. 14. -^ « Ratio ...quaesivit gradus. » 76. — Utamur gradibuSy quos nobis divina providentia fabricare dignata est. » DeveraRelig.y cap. 50. — «c Videamus quatenus ratio possit progredi a visibilibus ad invisibilia, et a temporalibus ad seterna conscendere... In quorum (les choses naturelles) consideratione non vana et peritura curiositas exercenda est, sed gradus ad immortalia et semper permanentia faciendus. » /6., cap. 29. — « Transibo et istam vim naturee meae, gradibus ascendens ad eum qui fecit me. » Confess. y lib. X, cap. 8.

5. Soliloq. y lib. I, cap. 13. — De civit. Dei, lib. VIII, cap. $• — Devera Relig.y cap. 52. — Tract, in Joann. 18.

Nous essayons alors de la fixer sur Dieu même : mais aussitôt elle se trouble ; faible et impuissante, elle se détourne de cette lumière trop éclatante qui l'éblouit, et elle retourne à ses ténèbres ou se contente de ces pâles reflets de la divine splendeur que nous offrent les choses créées et les vérités abstraites ^ Ainsi, il est bien vrai qu'entre l'âme et Dieu, il n'y a, en cette vie même, aucun intermédiaire, puisque Dieu, loin d'être intelligible par quelque autre chose, est précisément ce qui rend tout le reste intelligible ; mais il est bien vrai aussi que l'âme voit dans la lumière, ou encore voit la lumière, plutôt qu'elle n'atteint le soleil même d'où la lumière émane. Entre l'intelligence et Dieu, point de créature qui s'interpose ; mais néanmoins, dans la connaissance du divin, plusieurs degrés, parce que l'œil intellectuel, malade et faible, doit être guéri et fortifié peu à peu. Dieu, toujours présent, et la créature raisonnable toujours enveloppée de sa lumière ; mais aussi notre pauvre âme incapable sans exercice de soutenir l'éclat de cette lumière, inhabile sans préparation à en reconnaître le prin-

1. M Invisibilia tua, per ea quîB facta sunt, intellecta conspexi; sed aciem figere non valut, » Confess., lib. VU, cap. 17. Il faut lire tout cet admirable chapitre. — a Ubi ad divina perventum est (mens) avertit sese, iniueri non potest, palpitai, sestuat, inhiat amore, reverberatur luce voritatis, et ad familiaritatem tenebrarum suarum, non electione, sed fatigatione, couvertitur. » Demor, Eccles,, cap. 7. — De Trinit., lib. VIII, cap. 2.

cipe, et enfin, quoi qu'elle fasse en ce monde, impuissante, sans un secours miraculeux, à en regarder fixement le foyer.

Saint Thomas est plus explicite encore et plus précis que saint Augustin. L'intelligence humaine, dans la vie présente, ne peut voir Dieu : qui dit voir, dit atteindre directement son objet ; or, en ce monde, nul ne pense sans le secours des choses créées: c'est par les œuvres de Dieu, le monde matériel ou l'âme, que l'homme conçoit Dieu; nul, à moins d'une miraculeuse exception, ne voit Dieu directement, nul ne le contemple dans son essence *. Telle est notre condition sur la terre, pendant le chemin, in wa : la claire vue nous sera donnée dans la patrie, in patria ^. Mais, s'il nous faut avoir recours aux créatures pour connaître le Créateur, ce n'est pas que le Créateur soit loin de nous : il est très- près de nous au contraire, il est présent en nous par sa puissance, par son action, par son essence même ^, quoique non immédiatement aperçu.

1. Summa theolog.y pars 1*, quaest. XII, art. xi et xii.[ — Comment, in epist, Pauli ad Rom.^ cap. i, lect. 6, 7 et 14. — Contra génies, cap. lu. a Ad substantiam ipsius (Dei) capiendam intellectus humanus non potest naturali virtute perlingere. Sensibilia ad hoc ducere intellectum nostrum non possunt ut in iis divina substantia videatur quid sit; nec ipsa anima, per quam intellectus humanus in Dei cognilionem ascendit. »

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