Ibid., X
magnifique à ces « atomes vivants', > à ces animaux imperceptibles d'une structure si délicate. Puis, après avoir admiré la magnificence du Créateur dans la multitude infinie de ses ouvrages, il entre dans le conseil de Dieu, il nous dévoile la divine pensée concevant l'univers, il nous montre cette infaillible sagesse concertant toutes choses, embrassant d'une seule vue tout son ouvrage, et décidant du premier «pas d'où tout le reste doit dépendre. « Voilà le Créateur prêt à sortir hors de lui-même, hors de son sanctuaire éternel, prêt à se mettre en marche par la production des créatures '"*. » Que ses démarches sont majestueuses! comme, dés le premier pas qu'il fait, il ordonne tout à sa fin et va majestueusement, invariablement, toujours divinement, sans jamais se repentir, jusqu'à ce qu'il prenne possession de ce temple spirituel qu'il construit par Jésus-Christ, et auquel il rapporte toutes les démarches de sa conduite*! Cette admirable peinture est- elle d'un philosophe , est-elle d'un poète? On dirait une page empruntée à Milton. Descartes n'eût jamais écrit ces choses.
Malebranche regarde donc comme indubitable que Dieu a déterminé avec une sagesse infinie la première impression communiquée à la matière.