Entret, mélaph.i xi
436 PREMIÈRE PARTIE. — CHAPITRE Yll.
raine^ et ces mêmes lois subsistant, Thomme rebelle perd Tautorité qu'il avait sur le corps, se trouve assujetti à la matière, est inquiété, rendu malheureux comme il convient, tout cela sans que Dieu quitte la généralité de ses voies * ; puis, si Dieu veut le tirer de cet état, et réparer ce malheur, les mêmes lois demeurent, et la grâce s'ajoute à la nature sans la détruire. La grâce suppose la nature, et la nature doit servir à la grâce ^.
Ainsi, si Ton veut juger de l'ouvrage de Dieu, c'est l'ensemble qu'il faut considérer.
Dieu donc ne peut agir que selon ce qu'il est. 11 est libre de ne point créer. S'il crée, il faut que soa ouvrage lui fasse honneur. L'univers exprimera donc les qualités excellentes de son auteur : sa grandeur infinie, son immutabilité, sa sagesse. Parce que l'univers comparé à Dieu n'est rien, Dieu ne le créera que s'il trouve le secret de le rendre divin. Parce que toutes les créatures ensemble sont indignes du regard de Dieu et sans proportion avec son action infinie, Dieu laissera périr son ouvrage, plutôt que de démentir son infinité en faisant quelque démarche particulière et extraordinaire qui marquerait trop de complaisance pour une œuvre