‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 187 sur 237 · Traité de morale y I, ch. ii et vu · texte numérisé non relu

Traité de morale y I, ch. ii et vu

II faut que tout homme juge bien des choses. Or, il y a beaucoup de choses qu'il est assez inutile de connaître ; et pour celles qui sont de la première importance, l'ignorant qui est éclairé par la foi en jugera assez bien pour éviter le péché et conformer à l'ordre sa conduite. € Le meilleur précepte de logique, c'est de vivre en homme de bien. Car il vaut beaucoup mieux passer quelques années dans l'ignorance, et devenir savant pour toujours, que d'acquérir pour quelcjues jours, et avec bien de la peine, une science fort imparfaite, et passer^ une éternité dans les ténèbres ^ »

Nous sommes faits pour posséder la vérité : nous devons aspirer à être savants, c'est certain. Mais le meilleur moyen d'atteindre cette fin de notre nature, et de trouver dans la possession de la vérité la perfection et la félicité de notre être raisonnable, c'est de nous assurer par une bonne vie, par la soumission à la foi, par la pratique de la verta, l'union éternelle avec la raison souveraine.

Est-ce donc à dire maintenant qu'il faille mépriser la science? Non pas ; mais il faut : V choisir entre les sciences ; 2° rechercher celles qui sont utiles dans un esprit d'humilité et de charité.

Malebranche, nous le savons déjà, rejette comme frivoles et dangereuses toutes les connaissances qui ne servent point à nous convaincre de la vérité

Page 1