‹ La philosophie de MalebrancheChapitre 188 sur 237 · Médit, chrét,^ ix, 24 — Rech. de la vér,, fin · texte numérisé non relu

Médit, chrét,^ ix, 24 — Rech. de la vér,, fin

fondamentale : à savoir que Dieu est la cause unique et générale qui fait tout et règle tout. II importe que nous sachions par lumière et avec évidence que les créatures sont impuissantes, et partant incapables de nous perfectionner et de nous rendre heureux ou malheureux. Il importe que nous sachions que Dieu seul nous éclaire, nous touche, nous anime, et que, s'il fait tout par sa puissance, il agit toujours et partout avec sagesse. Voilà la connaissance la plus précieuse, et toutes les autres n'ont de valeur qu'autant qu'elles se rapportent à celle-là. La métaphysique en vue de la morale, ou, ce qui revient au même, la morale établie sur la métaphysique, telle est la science par excellence. Cela posé, la connaissance de soi-même, commencement de la métaphysique, puis les mathématiques et la physique, auxiliaires indispensables de l'esprit, voilà les connaissances qu'il faut avoir *. Tout le reste est inutile et même dangereux. Car tout le reste dissipe l'esprit, excite les sens, exalte l'imagination ; tout le reste resserre donc notre union avec le corps, bien loin de l'affaiblir, et par conséquent, va contre le but de la vraie science, qui est de nous unir plus intimement à la Raison souveraine ^. N'oublions pas que nous sommes des

1. Rech, de la vér., liv. IV, ch. vi et vii; liv. V, ch. v; liv. VI, part. II, ch. VI. — Traité de morale^ I, ch. v, 9, 22. — Entrel. métaph , VI, 1 et 2.— Médit, chrét., m et ix, 24, 25.

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