AVANT-PROPOS. TU
pliquent parfaitement au livre que nous publions aujourd'hui, ce livre étant le Mémoire même avec quelques modifications que nous signalerons tout à l'heure.
La pensée générale qui dominait le Mémoire, était clairement indiquée dans l'épigraphe.
« Sic intelligendum est Deum operari in rébus, quod iamen » ips5B res propriam habeant operationem... non propter de- )) fectum susB virtutis sed propter abundantiam susb bonitatis, » ut dignitatem causalitatis etiam creaturis communicet. » (Saint Thomas, Somme théologique^ I, civ, 5; xvii, 3).
C'est aussi la pensée qui domine le présent ouvrage. Oui, Dieu opère en tout être; mais Malebran-
et de celle de Malebranche pour la méthode, les principes, les conclusions.
» Apprécier la polémique de Malebranche et d'Arnauld sur la théorie des idées, la critique faite par Locke de la vision en Dieu, et celle du système «ntier par les écrivains de la Compagnie de Jésus.
» Suivre la fortune de la philosophie de Malebranche jusqu'au milieu du xviii* siècle.
» Finir en établissant les mérites et les défauts de cette philosophie, et en se demandant si elle laisse en métaphysique^ en morale^ en théodicée, quelque idée qui subsiste, et que puisse recueillir et mettre à profit la philosophie de notre temps. »
Ce programme avait été tracé, si je ne me trompe, par M. Cousin lui-môme. 11 est d*ailleurs facile d'y reconnaître son inspiration. Après avoir provoqué des travaux sur l'ensemble de la philosophie cartésienne et puis sur la philosophie de Leibnitz (je ne parle ici que de la philosophie moderne), l'Académie souhaitait que Malebranche fût l'objet d'un examen spécial. De là le sujet de prix pour 1865. Cet appel n'ayant pas été entendu et aucun mémoire n'ayant été présenté, le concours fut prorogé au 31 décembre 18G7. Par là, la section de philosophie a prouvé, selon les expressions mômes du Rapport, « quel intérêt elle attachait à l'étude de ce grand philosophe, l'un des plus grands de notre pays, l'un des premiers dans tous les temps... Elle a voulu bien faire entendre qu'elle le considérait, non comme un disci* pie, mais comme un maître. »