Médit, chrét.fXXj
3. Traité de inorale y II, ch. vi, 17. — Voir aussi ch. xii et xiii^ et comparer avec la Rech, de la rcr., liv. IV, ch. xiii.
mement contagieux, en sorte que la voie ordinaire et la plus sûre pour tendre à Dieu est celle de la retraite et de la privation de toutes les choses sensibles ! Et il répète qu'il faut sans aucun doute une vocation particulière pour se mêler dans les affaires du monde, car la raison et la vocation générale nous en éloignent.'.
La morale politique de Malebranche est la conséquence des principes que nous venons de rappeler. La Raison est la seule souveraine des esprits : Dieu, qui est le Tout-Puissant, ne dispose point de ses créatures en despote, sans souci de la sagesse ni de la justice ; parmi les hommes l'autorité tyrannique , en méprisant la raison , se détruit ellemême. Le devoir de la force, c'est de ranger les hommes à la raison. Le péché a rendu la force nécessaire : sans lui la raison gouvernerait seule et par elle-même : du moins que la force ne serve qu'à la raison ^. Mais la société terrestre,'fondée sur l'utilité, ne subsistant guère que par les passions, ne mérite pas que notre philosophe y arrête bien longtemps ses regards^. C'est l'immortelle société des es-
1. Convers, chrét.y x. Remarquer qu'il s'agit de la retraite, et non d'un ordre religieux ; mais voyez ce qui suit : « Je ne prétends pas, dit Eraste, m' engager dans une vie particulière sans une vocation particulière. . . mais je vous déclare que je croirais faire une faute plus légère de prendre sans vocation particulière l'habit de ceux avec lesquels je vas vivre, que de m'engager sans vocation dans le mariage et dans une charge qui m' attacherait à trop de choses. »