Enirei, métaph,^ xiv
OBJET DE Ul PHILOSOPHIE ET MÉTHODE. 123
Comprenons-le donc bien : les vérités de la foi ne sont pas pour Malebranche les principes de sa philosophie : elles ne sont pas pour lui des formules d'où il tire sa métaphysique par voie de déduction. Non, mais qu'il prie ou qu'il pense, qu'il écoute le maître intérieur en chrétien dans l'oraison, ou en . philosophe dans le travail de la méditation, elles sont là ces vérités, elles demeurent vivantes dans son âme, elles l'inspirent, elles le soutiennent, elles le guident, présentes toujours, mais invisibles. Il n'appuie pas les dogmes sur le raisonnement, il les appuie sur l'autorité de l'Église^; mais quand il cherche les preuves de ces dogmes, c'est dans les principes les plus simples et les plus clairs que la raison nous fournisse. Ces principes simples et clairs, la raison les fournit, entendons-le bien, la raison, et non pas la foi. Si notre esprit a assez de force pour les atteindre et des prises assez puissantes pour les retenir, c'est que la grâce régénératrice le fortifie. Mais enfin ce sont des principes de raison. Il faut que l'âme soit purifiée, délivrée, guérie, vivifiée par les secours de la foi, pour contempler les idées véritables des choses, qui sont les vrais principes de la philosophie. Il n'en résulte pas que ces idées soient transmises par la révélation et connues par la foi : elles sont vues par l'esprit, connues avec