‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 111 sur 183 · Principes, Préface do 1G8G · texte numérisé non relu

Principes, Préface do 1G8G

2. V. Préface des Principes. « Plusioiirs raisons me portent à soupçonner qiit' les j)hènornènes natiuvls dépendent tous de quelques forces dont les causses sont inconnues, et paries(|uell»'s les particules des corps sont pous-

^si'cs l(^s unes vers les autres et s'unissent en figures régulières, ou sont > ^•repjmsr.tvsjel se fuient niutuellenuMit, et c est l'ignorance où l'on a été jus- '*U\\i l)L;î.Je%vs forces qui a empêché les philosophes de ttuiler l'explication de la nature avec succès. »

LA PilYSIQUK MATHÉMATIQUE ET LE MÉCANISME 407

mémcnt et strictement mécaniques. Chaque ordre de phénomènes repose sur des faits spéciaux, et l'élément simple qu'on peut en dégager est caractéristique de cet ordre. Maintenant que d'un ordre à l'autre il y ait des réductions possibles, que par exemple les explications mécaniques puissent s'étendre au delà du domaine de la mécanique pure, c'estce que l'expérience aidée du calcul pourra décider. A priori nous devons nous délier des synthèses trop rapides. Nous devons considérer jusqu'à nouvel ordre chaque classe de phénomènes comme dérivant d'élément/S spéciaux, et la seule chose qui subsiste lorsqu'on passe d'une de ces classes à l'autre, c'est la méthode qui sert à trouver l'élément. Cette méthode, toujours et partout, c'est la méthode mathématique. Commençant par un simple classement des observations numériques, elle finit par dép^a^çer une loi élémentair(î qui va S(M*vir de base à la théorie. Mais quel(|ue loin (pj'on suppose? poussée l'analyse mathématique, quelque uniforme que paraisse le type d'explication auquel elle conduit, il y aurait hypotlièse, et hypothè.se gratuite, à croire qu'elle ramène tout au mécanisme.

On comprend maintenant la place si importante que tiennent les « Quiestiones » dans la Physique de Newton. Au début de chaque science il est impossible que la méthode matliématique s'applique d'emblée. Les faits se présentent comme trop embrouillés, les mesures comme trop incertaines, pour que l'analyse et la synthèse puissent se passer de toute analogie. Même lorsque la théorie est constituée, il reste toujours un certain nombre de (fuestions (|ui sont encore à l'étude et qu'on ne peut faire rentrer dans le corps de la science. C'est à ces questions peu coordonnées qu'il convient d'appliquer les analogies mécaniques, et nous avons dit en effet que les « Quivstiones optica* » renferment toute la physique molécuUiire do Newton. On conçoit effectivement (ju'à cha([ue moment de son histoire la physique envisagée comme une théorie mathématique laisse provisoirement en dehors d'elle tous les phénomènes encore mal éclaircis, sur lesquels le calcul n'a pas prise. Pour arriver à mettre l'ordre dans ci* chaos, il est utile de se laisser guider par les théories dites moléculaires, par les rapprochements mécaniques de tout genre, qui sont }0: Iffcâi; leur moyen de pressentir des lois. L'ne fois que les* lols'sont

découvertes, les comparaisons mécaniques deviennent inutiles. La fécondité des équations supplée au caracU^re intuitif des images mécaniques.

C'est ainsi que Newton, dans la théorie de la double réfraction, trouve bon d'assimiler les rayons lumineux à une émission de particules solides, parce que cette conception moléculaire fait image par sa simplicité et introduit un ordre provisoire dans la complexité des faits *. Mais il ne veut nullement laisser entendre par là qiie la lumière est réellement un corps. On peut l'envisager comme telle d'une façon provisoire sans qu'il en résulte une assimilation définitive des ébranlements lumineux aux chocs moléculaires. Lorsque je dis que la lumière est un corps je ne le dis pas sans réserves, comme le fait voir le moi peut-être ; ce n'est là pour moi tout au plus qu'une conséquence probable, nullement une hypothèse fondamentale ou une partie de la doctrine - ». Et de fait dans la première Édition des Principes, Newton arrive à s'affranchir de cette hypothèse. Les progrès faits entre temps par la physique mathématique lui permettent de traiter la théorie de la lumière d'une manière purement mathématique, sans hypothèse mécaniste auxiliaire. « Au reste je ne m'embarrasse point de la nature des rayons, je n'examine point s'ils sont matériels ou non, mais je me contente de déterminer les trajectoires des corps qui peuvent être semblables à celles que décrivent les rayons. ^ »

Cet exemple est typique en ce qui concerne la méthode de Newton. Il fait bien voir que le mécanisme strict, tel qu'on le trouve chezHobbes et chez Gassendi, n*a jamais été considéré par Newton comme le but de la science. Les explications mécaniques n'ont dans la physique de Newton qu'un rôle provisoire et relatif. Elles servent à fournir des iils directeurs

1. V. Opt Quaesl. XX.Xl. « Qnin et ipsi etiam radii luminis corpora dura eesc videntur, neque enini alioqui posscnt in diversis suis lateribus diversas retinere propritates. »

2. V. Newtoni Responsio ad object. aliquas, Phil. Trans. 1672, n» 80. « Veruni quidem est quod ex mea Theoria arguo lunuMi csso corpus; at id non incunctanter assero. ul innuit verbuin forlasse ; id propono. ad summum, tanquam probabiie doclrina» mea; consectorium. non tanquam hypo-

: Jliesioi^.yifl^,:velut fundamcnto doctrinœ stabili utor, quin imo, nec'tan- \'i|uafïj ^^O'iilaî partem. »

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