Cf. Disc, (te la mèth. 6' Parti
LA PHYSIQUE EXPÉRIMENTALE ET L'HYPOTHÈSE 4tl
idée abstraite h l'aide des données immédiates des sens. Les malhématiques qui jouent chez lui un rôle si différent de ce quelles font chez Descartes, s*appliquent aussi à un objet différent. Car ce n*estpas un système d'idées que Newton se propose de construire, système qui se trouvera comme par hasard représenter les faits, c'est un système d'observations portant sur les faits eux-mêmes.
Alors la question ne peut se poser, comme elle se pose pour Descartes,* de savoir si les lois physiques sont les lois d'un monde hypothétique ou si réellement elles peuvent s'appliquer au monde qui nous est donné. Nous sommes partis consciemment de l'expérience. Chacune des déductions que nous avons faites a été accompagnée d'inductions nécessaires pour maintenir Tacconl du calcul de l'expérience. Nous sommes donc assurés que le mécanisme algébrique n'a pas été appliqué en vain. 11 ne peut pas arriver un moment où le calcul nous fournisse d'autres solutions (juc celles de la nature, puisque nous avons à chaque instant fondé nos calculs sur l'observation naturelle. On comprend donc que Newton ait regardé l'expérience, non comme un pis-aller, mais comme l'instrument indispensable de la science. Aussi bien l'expérimentation a-t-elle ses règles et ses principes. Elle est plus qu'un procédé de contrôle, elle est une méthode sans laquelle nos calculs ne signilieraient rien.
L'idée d'une méthode expérimentale est le principal titre de gloire de Bacon. On pense trop souvent que Bacon n'a pas su tirer de sa méthode l'enseignement pratique qu'elle comportait. Il n'a su inspirer, dit-on, ses successeurs parmi lesquels Newton est le plus illustre, que par des conseils théoriques, non par des découvertes qui pussent servir de modèle. C'est une question que nous allons examiner bientôt de savoir si Newton doit à Bacon toutes ses idées sur la méthode expérimentale. Mais on peut dire dès à présent que les résultats scientifiques obtenus par Baron ne sont pas si insignifiants qu'on le croit d'ordinaire et qu'il a pu par ses exemples autant que par ses préceptes diriger les recherches de Newton. Il a eu le soupçon d'une attraction mécanique, de tous points