‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 155 sur 183 · Essai .sur ia Sa lare du Feu, Inlroduotiori · texte numérisé non relu

Essai .sur ia Sa lare du Feu, Inlroduotiori

jours, à rencontrer aux limites de la science un domaine fermé à ses recherches.

Déjà au cours du développement de la sciencç, un esprit réfléchi se heurte à des notions obscures, irréductibles. Telle est la notion de matière, dont Descartes faisait le type des idées claires, et qui pour Voltaire ne peut être conçue par l'esprit humain. « ... C'est là que Newton, examinant l'extrême porosité des corps, chaque partie ayant ses pores, et chaque partie de ces parties ayant les siens, fait voir qu'on n'est pas assuré qu*il y ait un pouce cubique de matière solide dans l'univers ; tant notre esprit est éloigné de concevoir ce que &esl que la matière K » Ce qui est vrai de la matière en soi est vrai aussi de l'étendue en soi, du mouvement en soi, d'un grand nombre de concepts physiques dont on se sert avec succès, mais dont le secret nous demeure caché. H n'y a rien là qui puisse nuire aux progrès de la science. C'est une simple constatation de l'impuissance où nous sommes à pénétrer le fond des choses, à ramener aux idées claires la totalité de nos expériences. « Les égarements de tous ceux qui ont voulu approfondir ce qui est impénétrable pour nous, doivent nous apprendre à ne pas vouloir franchir les limites de notre nature. La vraie philosophie est de savoir s'arrêter où il faut, et de ne jamais marcher qu*avec un guide sûr *. »

En d'autres termes, la philosophie expérimentale doit se rendre compte qu'une connaissance absolue lui demeure à jamais refusée. Le seul but auquel elle puisse prétendre, c'est la réduction des faits à un certain nombre de lois simples. Ces lois simples, ces ressorts de la nature, n'ont rien d'absolu. Ils ne représentent ni la vérité dernière, ni la parfaite intelligibilité. Ce sont des étapes où l'esprit s'arrête pour contempler de là le terrain parcouru. Beaucoup de ces lois demeurent à découvrir, et rien ne prouve qu'elles soient toutes accessibles. La nature de nos facultés s'oppose sans doute à ce que nous dissipions entièrement le mystère des choses, car la réalité possède une ampleur que notre intelligence n'a pas. « Je ne dis pas que le principe de la gravitation soit le seul ressort de la physique.

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