‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 154 sur 183 · Cf. Traité de Métaphysique, ch. m · texte numérisé non relu

Cf. Traité de Métaphysique, ch. m

8. Auguste Comte allait juscju'à rejeter les hypothèses scientifiques comme celle de 1' « cther «. ■

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instant chez Voltaire, c'est le sentiment de r/iservc scienlifique qu il faut se garder de confondre avec un denii-sceplicisme. Il arrive souvent que le doute soiLpour nous le dernier mot de la science. Dans sa Lettre à M. de Maupertuis, dans sa Défense du Newtonianisme, Voltaire insiste sur ce fait que le savant doit savoir s'arrôterdèsque la certitude Tabandonne. FidMe au sentiment qui guidait Newton au moment où il écrivait ses Quiestiones optioXy Voltaire fait voir que la certitude scientilique ne s'acquiert qu'au prix d'un déchet énorme. Il faut, pour établir une vérité certaine, laisser irrésolues des milliersde questions. La science ne progresse qu'à ce prix. «Nous avons des expériences qiu', quoique très fines pour nous, sont encore très grossières par rapport aux premiers principes des choses. Ces expériences nous ont conduits à quelques vérités, et surtout à des doutes en grand nombre, caries doutes doivenl élro souvent en physique ce que la démonstration est en géoniélrie, la tonclusion d'un bon argument*. »

On \c voit, le doute que Descartes plaçait au début de la science, à seule ihi de mieux l'éliminer ensuite, est réintégré par Newton à la tin de la science, pour servir de frein aux hypothèses. Ce dout^ n'est pas du scepticisme. C'est Taveu non d'un vice de méthode, mais d'un défaut d'information. II est (lesliné à tomber tôt ou tard devant le progrès des investigations. Auguste Comte admettra lui aussi que l'application des mélliodes doit (Mn» progressive, que la science ne peut à aucun inoinont épuiser un ordre de phénomènes quel qu'il soit. L étude i\r la uatun^ doit se faire dans un certain ordre, qui est déterniiné parla classitication des sciences. Lorsqu'une science n'est pas encore assez parfaite pour s'appliquer avec fruità certaiui's reeiierehes, le bon sens et 1 esprit de méthode recommandent tous deux l'abstention. L'effort doit porter alors sur les sei(Mices inférieures, sur le perfectionnement préliminaire des connaissances plus simples. Vn doute opportun est la marque où se reconnaît ainsi l'esprit positif. Sur ce point Auguste Comte est le disciple (idèle de Voltaire et de Newton.

Non seulement le savant doit savoir douter chaque fois qu'il ne possède pas de preuve, mais il doit s'attendre à douter lou-

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