‹ La philosophie de Newton (volume 2)Chapitre 170 sur 183 · V. La rftHnsupftk'dr St'irlon, CI». V et VII · texte numérisé non relu

V. La rftHnsupftk'dr St'irlon, CI». V et VII

dos tourbillons découle directement des théorèmes de Newton sur le frottement interne des fluides. Nous allons montrer que cette même théorie devait nécessairement amener Newton à la conception de fluides incorporels, d ethers dont l'optique pouvait faire usage.

Il est un fait que les astronomes ont constaté depuis longtomi)s, et dont la certitude est allée en croissant avec la précision de nos observations : c'est la riirounîuse invariabilité des « temps périodiques », c'est-à-dire des durées de révolution des planètes. Cette constance dans le mouvement des planètes indique qu'elles se meuvent à travers un fluide dont la résistance est très sensiblement nulle. Comment Descartes j)ouvait-il rendre compte de cette absence de résistance dans un milieu à la fois viatèriel et plein ? Car il ne faut pas oublier que la négation du vide est un des axiomes de la physique cartésienne» et que l'étendue étant équivalente à la matière, la matière existe partout. On sait que Descartes se tirait d'afïaire j)ar une distinction entre les différentes sortes de matière. La matière grossière, com])osée de particules relativement grandes, est celle qui fait naturellement obstacle au pas.sage des corps en mouvement, et si les cieux étaient composés de de cette matière, il est certain que le mouvement des planètes devrait s'y amortir très rapidement. Mais le milieu dans lequel les astres se déplacent est le plus subtil, le plus ténu de tous. Les particules physicpiês n'y ont pas les formes compactes et enchevêtrées qui sont propres à apporter le trouble à la propagation des masses mobiles. Elles sont au contraire d'une petitesse extrême, glissent sans difficulté les unes sur les autres, et n'occasionnent aiicune perte de force vive dans les corps qui les chassent. Hien que le mond(» solaire soit rempli de matière, la matière s'y trouve à un état de division tel qu'elle est incapabh» de résister au choc de corps énormes, comme sont les astres que nous connaissons.

La réfutation donnée par Newton de l'argument cartésien est claire et décisive. Descartes a péché par goiU des simplilications excessives. Il a vu que dans un grand nombre de cas la résistance apportée par un certain milieu à la propagation d'un mouvement donné est proportionnelle à la grosseur des parties dont le milieu est composé. C'est ainsi qu'un char roule

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plus aisément sur une route rocouverle de poussière que sur Muo route grossièrement empierrét». Un son se propage* plus aisément dans un air pur et limpide (pn^ dans la brume ou par la neit^e. Mais la résistance due aux dimensions de rohstaeit* n'est pas la s<Mile (pion trouve dans la nature. Il résulle des expéri<Miresetdes analyses <1(* Newton, touchant les oscillalions du pendtdtMMile flux et h* rc^tluxdela mer, (pie dansrexpn»ssion des résistances interviennent des termes (pii ne dépendent pas de la gross(Hir des molécules résistantes, mais de leur masse (ît de leur inertie. C'est ainsi (pi'en subdivisant un corj)s eu parcell(?s très ténues on w supprime pas entièremtMit la résistanc(* (pi(» ce corps ptuil oiïrirau mouvement d'un autre corps. On su|)prime simpleiiKMit « c(*tte fraction de la résistance (pii vient (h* la ténacité et du frotlemenl des parties »^ Mais la division dvi^ parti(»s de la matic're ne diminue point sa (pianlité (masse totale), et la (juantité d(> la matière restant la même, la forc(» d inertie demeure la même, par suiti^ aussi la fraction de la résistance (pii (*st en rapport avec cette force.

Ainsi en admettant le plein de Descartes, on se condamne à laisser subsister dans l'univers des résistances qui peuvent être énorm(*s et dont la réalité est journellement démentie par le fait de l'invariabilité des temps sidéraux-. Si l'on veut diminuer ces résistances, il est de toute néc(\ssilé, d'après Newton, qu'on « «liminuiî la quantité de matière dans les <*spaces dans lesqucds le corps s(^ minil » \ Mais diminuer la quantité de matière est une clios«» impossible dans la théorie de Descartes, ])uisque la matière est a étcMidue », oi (jue retendue n'est pas susceptible d(» coinh'nsation ou de raréfaction, de plus ou de moins. Il n'est même |)as nécessaire de prendre à la rigueur la théorie dt» Descartes pour se heurter directement à cette difficulté. Dans tout<* optitpie où les rayons de lumière sont considérés comme des émissions de particules solides, c'est-à-dire absolument résistantes, on se verra obligé d'admettre tpie le choc de ces

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