t:f. Princif'cs. L. II. S. T. Schulio Final
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particules retarde petit à petit les mouvements astronomiques. Los atomistcs et^j?assewc/i nYîvitentpas cette (liflicullé. La petitesse et la rareté des atomes n'enlrventricîn à leur solidité, elles nîtardent sans le supprimer l'elTet d'amorlissomentque doivent subir les planètes.
C'est pourquoi Newton est porté à admettre <pie ce (pie nous appelons rayon lumineux ne consiste pas en un transport de particules absolument ris^ides, identiques aux solides matériels. Il lui semble beaucoup plutôt qu'il doit y avoir dans l'espace déj^radation continue de la résist^uice matérielle justprà ce qu'on arrive à un milieu liouveau n'olTrant plus (pi'une analogie lointaine avec les substances corporelles. <« Les espaces célestes dans lesquels les globes des planètes (*t des comètes se meuvent sans cesse libix?menten tous sens sans aucune diminution sensible de leur mouvement doivent être vides de tout fluide corporel ». H est vrai que Newton ajoute aussitôt qu il faut peutélre faire une exception en faveur de quelques vapeurs très légères et des rayons de limiière qui les traversent. Mais cette exception ne peut être adnnse à la rigueur sans contredire c<* <pii précède. Il faut y voir une de ces formules dubitatives dont Newton aime à s'entourer dans les Principes pour éviter le reproche d'hypothèse arbitraire. Au fond son idée est visiblement que le milieiioii se transporttMit les planètes doit difféier extrêmement i\vi^ milieux matériels. La résistance et linertie doivent y être réduites à des proportions si petites qu il est légitime de le considérer comm<' un milieu nouveau, un milieu incorporel. C'est seulement pour éviter les querelles de mots, dont il venait de faire la fiicheuse expérience, que N(*wton exprime, sous forme hy|)othéti<pie, la i)ossibililéde la matérialité des rayons. Kn réalité c est bien une théorie nouvelle, une théorie de TEther, (pii ressort imi)licitement du théorème des Principes,
Cette théorie va rencontrer dans la physi([ue newtonieime un terrain particulièrement favorable, et pour une raison (pii peut semble*r d abord assez paradoxale : à cause de l'esprit positif dont cette pbysicpie (\st inspirée. Les prédécesseurs immédiats de Nc^wlon n'avaient pas la pm'.-^sance d'intuition qui permet au .savant (h^ se passer d images matérielles. Même des hommes comme liacon uu Descartes n ont pas su constituer la
physique sans rencombrcr de rcprésentalious auxiliaires, empruntées à rexpérience sensible, el destinées à soulager l'ettort de l'entendement. Newton au contraire, par l'emploi positif des mathématiques, est parvenu à ériger une physique où 1 interprétation des faits, joue un rôle accessoire et où la signification importante est dévolue à la forme mathématique dci> phénomènes. C'est ainsi que lorsqu'un fait naturel suit une loi d'amortissement de forme pendulaire, peu nous importo desavoir si réellement il faut en chercher l'explication dans les oscillations de pendules élémentaires. La formule abstraite suflit, et au-delà il n'y a qu'hypothèse. Lorsque l'étude d'un phénomène simple, la propagation du son ou de la lumière par exemple, avait été entreprise par Descartes ou Bacon, c'est par des analogies matérielles que ces savants cherchaient à se représenter les faits. En optique et en acoustique, quelque chose parait se propager. Il faut que ce quelque chose soit matériel, il faut que ce soient des corpuscules solides. Newton témoigne plus de réserve. Lorsque nous avons constaté qu'un son ou qu'un rayon se propage, nous ne devons pas nous soucier tout d'abord de rechercher ce qui se propage. C'est là une question accessoire impliquant hypothèse. Nous devons étudier les lois suivant lesquelles la propagation se fait, parce que ces lois sont indépendantes du substrat hypothétique qu'on donne au mouvement.
11 devient possible alors de tenter, comme le fait Newton, l'étude de la propagation en général, que cette propagation soit celle de lamatii're, de la force, du mouvement. De là l'idée très abstraite, et tout à fait originale chez Newton, que la force, le mouvement, la perturbation quelle qu'elle soit, peuvent se communiquer par le milieu ambiant aussi bien que les molécules matérielles. Quelque chose circule dans le milieu que nous observons, et il suflit que ce (pielque chose puisse se désigner soit par un nombre soit par un vecteur pour que nous soyons en droit de l'étudier d'inie manière positive*. Voilà pourquoi on rencontre souvent chez Newton une idée qui eiU seniblé absurde aux cartésiens comme aux atomistes, l'idée <i'une
1. Ceci est à ra|>|)n)olu'r de co que fera Ma.ivell lorsqu'il introduira on Electroslati(ii:c la considération des « courants de déplacement » qui résultent delà déformation de l'élher.
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lorcc qui se propage indépendamment de toute masse matérielle. Les perturbations électriques et magnétiques, les forces de gravitation, etc. sont des exemples de propagation réelle et pourtant incorporelle. Tout porte à croire que la propagation de la lumière rentre dans un cas de ce genre. C'est une question (]ue rien ne permet actuellement de résoudre, de savoir « si la luniière est une projection de corpuscules exigus ou si elle n'est qu'un mouvement abstrait, une certaine force qui se propage ». Tout ce que nous savons, c'est qu'elle se meut en ligne droite, et ceci demeure vrai dans toutes les hypothèses'. Il devient donc assez indifférent de rechercher si ce sont des vibrations matérielles ou des vibrations non matérielles qui servent de véhicule au rayon lumineux. Le feu est-il « un corps incandescent au point d'émettre une copieuse lumière ?»=^. La lumière ne s'eiïectue-t-elle au contraire que « par l'intermédiaire de mouvements vibrants w '? Uépondons (ju'il y a vibration et que cette connaissance suflit au physicien. On voit que Newton arrive, de par sa méthode, à S(; libérer de toute comparaison moléculaire, et à laisser ainsi la place ouverte à des comparaisons nouvelles empruntées aux théories de léther. Mais on peut prévoir que, depar cette méthode même, les théories de Téther ne se substitueront pas chez lui purement et simplement aux théories moléculaires. Sa théorie sera mixte, parce qu'elle prétend demeurer positive.
Après avoir éuuméré les raisons générales (|ui laissent prévoir l'orientation graduelle de l'optique vers les théories de léther, il convient de rechercher les motifs historiques qui expliquent d'une manière j)lus particulière celte évolution. Nous aurons ensuite à nous demander à quel titre Newton peut être appelé un a partisan de l'éther » et si sa conception garde (juelque valeur dans la physique moderne.
Une remarque qui s'impose tout d'abord est que la théorie de Newton se trouvait dans une situation fausse du fait de la confusion, généralement commise de son temps, entre l'op-
1. Cf. LecL OpL, L. Il, I». III, Prop. Vlll. « Radii liiminis. sive sint illi c.xigiia projectn imm piisriila, sive moins sohiinrnodo, vpI vis alicpia propagata, niovriiliir in liiu'ivS irrlis. »