‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 115 sur 223 · Opt., L. 11, P. Ui, Prop. VIII · texte numérisé non relu

Opt., L. 11, P. Ui, Prop. VIII

l.a molécule n"(\st f|ii'iin trrmo provisoiro, auquel nous nous arrêtons par suite de conventions de calcul, mais au delà duquel il est toujours possible et parfois nécessaire de remonter. En fait nous aj^pelons moléculi- une masse matérielle reZrttioemeul petite, mais leslimation de cette petitesse dépend et de létat de nos connaissances et de l'objet que nous avons en vue'. On s'explique alors que Newton fasse usage de la notion de molécule, maisdune manière tout à fait différente de ce que font Démocrite ou Lucrèce. Il l'envisage toujours comme une notion précaire, jamais comme le principe immuable de toute explication physique. « Il peut se faire que les particules les plus exiguës de la matière cohérent entre elles par des atlraclions extrêmement fortes, qu'elles constituent des particules plus grandes, dont la force d'attraction soit plus faible, et (pi'un grand nombre de ces particules plus grandes, cohérant entre elles de la même façon, constituent des particules plus grandes encore dont la force d'attraction soitencore plus petite, et ainsi de suite d'une manière continue (continuata série), jusqu'à ce qu'on arrive enfin aux particules les plus grandes d où déi)endent les opérations chimiques et les couleurs natuiclles ; ces particules par leur coidiésion naturelle constituent finalement les corps dont la grandeur tombe sous les sens. ))

Ainsi la molécule n'est pas pour Mcw ton ce que l'atome est pour les matérialistes grecs, ce que la molécule elle-même est demeurée dans toutes les mélaphysi([ues mécanistes, l'élément constitutif du réel, au delà duquel il n'y a i)lus rien à chercher. Molécule et atome sont des termes relatifs, comme ceux de force, de masse, ou de mouvement. S'il y a chez Newton (juehpie chos(î (pii raj)[)(dle les systèmes mécanistes, ce ne peut être l'hypothèse absolue <pie ces d(M'niers prennent comme jtoiut de départ, tl Csl par sa méthode, c'est surtout par ses

1. Les d<'-t)-rniination.s iibsoiiiosdfs Kraiidciirs moir-riilaircs telles cin'eiles ont été fiiile.s, par des iiiétiindes diverses, dans la physiinie moderne n"éclia|ipcnl pas aii.v ohM-rvalions précédcnles. L'accord satisfaisant qui c.xisli' ciilrc elles cl fini tend iiainrcllcincnt a inspirer conliancc ne prouve pas <|ue nous ayons fait des mesures a/isulttes, mais (pie nous arrivons par diirérenles hranclics de la physitpie à nii même dcjîré de siii)division dans le r6el.

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