‹ La philosophie de Newton (volume 3)Chapitre 125 sur 223 · De Difjn. Prit!'. (Icner. § Ji · texte numérisé non relu

De Difjn. Prit!'. (Icner. § Ji

2. V. Partis Ittsiauralionis secinulae delinealio et arqumenliim (ex Inipefibus philosophicis ah llil. Griitoro edilis, Amsterodami, l(j.j;ï).

;;. Ibid. .< Firii.s aulcin liiijiis (nostr.p) scientise, ut ros et opéra, non argiiiiu'iita et ralioiics piohahih's, iii\ l'iiianliir et judicenliir ».

4. Ih'ul. « Dilïerl aiiteiii iiosira a logiea viilgari, liiiii aiiis rchiis. (uni prj'cijiue tribus ; videlicel iiiilio imiuireiidi, urdiiie dmioiislraiidi, alqiie fine et officio ».

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qui n'est pas un fait clairement établi. Les scholastiques se contentent do faire commencer la science « aux paroles de leurs maîtres » et dv (lévelojjiicr d une nianii rc verbale les aperçus dogmatiques qu'ils acceptent sans contrôle ^ Knsuite la marche des démonstrations (ordo demonatrandi) est exactement inverse dans la méthode de Bacon de ce quon trouve chez les logiciens de IMcole. Au lieu de s'attaijucr du premier coup aux vérités les plus élevées, la science nouvelle procède graduellement, imitant la prudence à la((uelle se conforment les artisans sérieux. Knlin le but ou la destination de la science i finis et officiu})}) vont élre pour Bacon d'inventer et déjuger, non pas seulement des choses vraisemblables, mais des choses réelles, des moyens effectifs. C'est la nature (|iii offre d'abord l'objet concret auquel doivent s'applicpicr nos recherches. Ilicn ne sert d'inventer des tlié(-»ries subtiles, si ces théories ne conviennent pas à la réalité donnée. Aider l'esprit à travailji'r. mais non sur des questions abstraites, tel est le but que Bacon assigne à sa réforme scientilique. La méthode expérimentale doit s'appli(pier toujours aux faits qui peuvent intéress(M' la vie.

La Lcudauce explicitement mar({uée chez lîacon à rapprocher la « technique » de la «science » et à prendre les procédés de l'artisan comme modèle de ceux du Ihéoricien se retrouve sans changement clxv Newton. V.n cslil de même de linducliun baconiennc, et peut-on (h'rc ([ue la phy.sicpic de Newton soit de Ions points l'application des règles formulées dans le Xovum Orgaiinm }

Beaucoup de commentateurs de Bacon, frappés del'inlluence qu'exercèrent ses ouvrages sur les savantsanglaisduxvii'"siècle, ont cru (jue la méthode expérimentale n a j)lus fait de progrès après lui. C'est ainsi ([uc pour Douillet- l'originalité de Boyie, lie Ilooke, de Newton, consiste seulement à avoir suivi h^s li-aces de Bacon. « La um'IIhhIc de Newton ne diffère en rien, poni- le fond, de celle di- I auteur du Novum Orcjanum. Le.s grandes vérités qu a di'-nionln'-e.s .Newton avaient été |)i'es(pie toutes soupçonnées ou même (daireincni. e.\pi'im(''e.s p.ir r>aroM...

I iJiills le //(• l>i;/iiilitlr. Kiiciill iinil(|lic Jivcr ililllllll ilc vi\ iicili- (|iie Di'S- I ;irlfs la rrn'lljodi! dAri.slMlc i-l li» nvuliliotuilisme.

-. Dh'.iiires /iliilii.i. ilf Itiiriui. L II. Iiili'i(iin-|i<in.

L'induction de Bacon se confond entièrement avec la méthode d'analyse décrite par Newton. «

Il y a dans cette opinion une exagération manifeste. La méthode expérimentale, comme toute méthode, ne j)eut ])as se juger sur l'énumération pure et simple des préceptes dont elle se compose. Il est important d'en dégager l'esprit, et pour cela de comprendre le but quelle poursuit. Il est certain qu'on rencontre chez Newton la mise en œuvre des règles scientifiques que Bacon avait énumérées le premier. L'art d'instituer, de contrôler, de comparer les expériences n'est pas conçu avec plus de rigueur par l'auteur des Principes que par celui de V Inslauraiio Magna. Mais le but poursuivi de part et d'autre est loin d'être le même. Bacon n'est qu'expérimentateur. Il rejette la logique abstraite au rang des chimères et pense que son emploi ne saurait qu'entraver les progrès de la science. Entre l'expérimentation et l'argumentation, il n'a pas l'idée qu'il existe un passage, et il doute que l'induction opérée sur les faits puisse se compléter par des constructions rationnelles. C'est qu'à l'époque où écrivait Bacon, les mathématiques ne possédaient encore que des méthodes fragmentaires et n'avaient réussi que par accident dans l'explication des phénomènes physiques. Nous avons fait voir dans le chapitre précédent que la physique de Newton est mathématique, et qu'elle doit sa grande nouveauté au développement qu'y reçoit l'idée de mesure. Si maintenant nous passons à l'étude des méthodes employées par Newton pour mettre des expériences certaines à la base du calcul, il ne faut pas oublier que cette partie expérimentale de la science a pour raison d'être la partie théorique. L'observation, l'expérimentation, l'induction, ne constituent pas une méthode expérimentale, qui puisse à aucun moment se suffire à elle-même. Elles constituent la phase expérimentale, et si 1 on veut, préparatoire d'une méthode qui n'est réellement complète qu'après l'application des mathématiques. Ainsi lorsque nous parlons de la méthode expérimentale à propos de Newton, nous employons une expression qui, pour être exacte, demande à être commentée. La physique de Newton est assurément inductive, mais elle n'est pas inductive au sens baconien, c'est-à-dire que les procédés purement expérimentaux ne suffisent pas à la construire entièrement.

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Ces procédés n'ont pas leur fin en eux-mêmes, ils sont dirigés constamment vers le point où viennent s'insérer les procédés malhématiques. De même que la i)hysi(pu' nialhématique, dans toutes ses parties, se ressent de son orii-ine expérimentale, les méthodes expérimentales de Newton convergent sans cesse vers l'application du calcul, l.a méthode newtonienne est « induclive-déductive' », tandis que l'aspect mathématique de l'expérience est à peine entrevu par Bacon.

Cela posé, il est facile de comprendre par où l'induclion haconienne va différer de la méthode de Newton. La méthode iiiductive est présentée par Bacon' comme l'auxiliaire le plus important (\c. la raison, soit dans les matières spéculatives, soit dans les matirn>s pratiques.

Au [x.iiit (le vue spéculatif, le but de la science humaine est de connaître « les causes véritables d'un effet ou dime naUiiv (louiiée-'j). Ces causes ne peuvent être connues qu'au moyen iV axiomes, qui sont l'élément simple, la portion solkle de la vérité, dont toute science est faite. Mais pour dégager de tels axiomes de l'expérience pure et simple, il faut employer la forme légitime et propre de l'induction. Celle-ci dissocie et sépare l'expérience, par voie d'exclusions et d'éliminations, de façon à arriver à la démonstration du nécessaire. 1/induction ainsi conçue est bien supérieure à linduction vulgaire, qui est précaire et puérile, car elle demeure toujours exposée au danger d une expérience contraire. L'induction baconienne n'aflirme rien avant d'avoir analysé tous les exemples, et c'est seulenienl lorsque la concordance des faits est vraiment décisiv(> ([u'elle se hasarde à énoncer un axiome. C'est une « formule d'interprétation ' », non une généralisation arbili'aire des laits.

l/iiiduction est un procédé général ([ui se complète par trois arts subsidiaires. D'abord il est possible^ de prolonger l'induction (continuatio iuductionis) en faisant surgir des

1 . Cf. l''er<l. Hosenberger, Isaac Newton und sel ne phys. Princip .11" 1' [>■ :i',l2.

-2 V. helinealin cl Argumenlnm luslaiirnlionis Varies secundae.

W. Ihid. .( Iiiili cffcflus vi'l iiJiliir.i' iii (piovis subjecto causas nosse ink'iilio r.st liiiinaïKi' .><cii'nlia'. >

4 Ihid. « \U\nv lioc K''inis iuductionis iilud est, (juud iiitcrprolalionis forrnulani appoUaiv cuiisueviinus ».

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axiomes nouveaux de la connaissance d'axiomes primitifs. A vrai dire, Bacon n'indique nulle part la manière de justilier théoriquement ce prolongement. Il se contente de dire qu'il faut le vérifier en instituant des expériences comparatives, calquées sur le modèle des expériences j^rimaires dont nous sommes partis. En g-énéral ces' expériences réussiront, parce qu'il est possible de « s'élever à l'unité de la nature par une échelle ininterrompue de deg-rés ascendants ». On voit le rôle que joue l'idée de continuité dans cette extension progressive des résultats expérimentaux. En second lieu, l'induction peut se compléter par une varialion dans la recherche (variatio inquisitionis). Bacon veut dire par là que le même procédé ne peut s'appliquer uniformément à tous les cas d'un même ordre. Lorsque les circonstances de production d'un phénomène varient, linduction par laquelle nous recherchons sa loi doit chang-er de caractère. Il convient d'appliquer à des cas hétérogènes des méthodes d'analyse où l'on tient compte de la variation des difficultés. La méthode d'induction, (et ce point sera admis par Newton) ne peut prétendre se résumer en règles indépendantes de toute condition d'application. Enfin les recherches expérimentales peuvent s'abréger, se contracter comme dit Bacon, au moyen d'analogies universelles. C'est ainsi que les explications mécaniques, une fois qu'elles ont été inductivement vérifiées dans un certain nombre de cas, permettent de condenser les inductions ultérieures en laissant pressentir la loi des phénomènes. D'une manière générale, la science inductive n'est achevée que lorsqu'elle est condensée en un très petit nombre d'axiomes. Ce n'est pas un des moindres talents de l'esprit méthodique que de savoir réduire à quelques formules les innombrables inductions dont l'esprit vulgaire n'aperçoit pas l'affinité.

Au point de vue pratique, l'induction tloit se faire en suivant une voie exactement inverse de celle (|ui a été suivie par la spéculation, c'est-à-dire en limitant des formules générales pour les adapter à des opérations particulières. « 11 est dans la iialurc des choses (pic les propositions générales sont j)raiiquement obscures et incertaines, tandis (jue les axiomes particuliers conduiseid (l(> délail c\\ détail par une voie sûre cl manifeste. » Cette induction pratique tloit se compléter par

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