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la confection de « tables pratiques » où se trouvent condensées systématiquement les opérations utiles dans cliaquc cas particulier. Les « tables pratiques » font exactement pendant aux fameuses tables théoriques qui servent à dégager, iVun ensemble de faits, une formule d'inter[)rétalion.
Newton n'a ])as eu occasion (1(> critiquer systématiquement riiidiietion baconienne. D'ailleurs sur bien des points, il fau! le reconnaître, les préceptes de Bacon coïncident avec les règles expérimentales des Principes. Le r«')Ie de l'analogie, celui de la continuité, la nécessité de répéter et de vérilier les expériences sont des points que YInstauralio Magna a parfaitenifMit compris. Les dinv-rences qui séparent Bacon et Xewton peuv(Md toutes se résumer dans ropj)osition suivante : l'induction iiew Ionienne est quantitative, l'induction baeonitMine demeure n)algré tout vague et qualitative.
Los Tables d'instances sont en lin de compte l'instrument le [)ki.s précis dont .<e serve Bacon. Le savant expérimental doit d'après lui consigner dans une table systématique toutes les instances d'un même fait. Ceci veut dire qu'il doit confronter les cas où un certain phénomène s'est présenté avec un caractère déterminé, et ceux où ce caractère était absent. Du nombre relatif de ces différents cas, de leur critique au moyen d'autres cas. d(> leur extension inductive par continuité et par analogie, il doit eonc liu-e si le caractère en question accompagne invariablement le phénomène, où s'il n'en est cpie le concomitant foiiuil. Dans ce dernier cas la « formule d inteipié tatiou » m- |)i'rniel d'énoncer auctme conséquence positive. Dans II' premier au' contraire une relation constante nous permet fie cftncliu'e à une liaison récdie. Xous dirons (|iie le caraclèr- d un pln-nomèuc;, loujoiu's pn'-senl (|uan<l ce phénomène est présent, et variable d Une manière continue (piand le jthénomène varie d une manière continue lait partie de sa « natiu'e M on de sa « forme ». Dans un langage plu.s nniderne nous |)oinrons dire ipu' 1 induction baconienne |)ermel d(> concjin'i' à un lien l'oncl ioiniej entre deux |i|i(''noniènes coi'respondants.
Mais, et c'est la le point inq»oitant, les " pluMiomènes »> ne sont jamais délinis par lîacon tpie d inn- façon (pialitativc. Tour lui la pesanteur, la (dialeur, le mouvement mèmi*, ne
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sont assurément plus des qualités occultes, mais ils demeurent des « formes », cest-à-dire des qualités sensibles. C'est en vain que Bacon essaye, à ces qualités sensibles, de substituer des « scliématismes » c'est-à-dire des étals mécaniques. Ces états mécaniques eux-mêmes, demeurent purement qualitatifs. Nulle part Bacon n'en donne la mesure, nulle part il n'en fait létude numérique. C'est pour cette raison que la notion de loi demeure malgré tout confuse chez Bacon. Les correspondances qu'il peut découvrir, grâce à des tables d'induction, entre des « formes » d'espèce différente, ne peuvent se tronsformer en relations positives, parce que les éléments de la correspondance ne sont pas numériquement définis. L'induction baconienne donne bien l'idée que tous les phénomènes naturels sont fonctions les uns des autres, mais elle ne laisse pas deviner la forme précise de ces fonctions physiques. Celles-ci, Newton l'a compris, sont toujours mathématiquement déterminées. Aux tables d'instances de Bacon, Newton substitue les tableaux numériques dont la signification a été établie plus haut. La méthode expérimentale gardera chez lui les qualités de prudence, de rigueur, de sensibilité que lui a données Bacon. Mais elle va acquérir une qualité nouvelle, que Bacon n'a pas connue, et sans laquelle il n'est pas de véritable méthode, la précision illimitée.
Une expérience ne peut pas commencer i)ar être précise. Toutes les expériences qui ont servi de point de départ à des découvertes importantes ont été comprises lout d'abord d'une façon vague et incomplète. C'est ainsi qu(^ Galilée, Pascal, Newton lui-même, ont longtemps dû se contenter d'expériences confuses. Le fait si simple de la chute des corps, celui de la variation des pressions barométriques avec l'altitude, celui (1(> l'inégale réfrangibilité des couleurs sont longtemps demeurés à l'état d'observations brutes, avant que l'exactitude des mesures permît d'en faire des expériences scientifiques.
Mais l'histoire montre que ce manque de précision n'est pas une cause de stérilité. 11 n'est pas mouvais que les premières expériences sur lesquelles une théorie se fonde ne laissent paraître que l'allure générale, la structure schématique des faits. C'est là une abstraction nécessaire, grâce à laquelle Jios
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sens choisissent, dans une catégorie de phénomènes, le phénomène simple qu'il faut dabord expliquer. La physique de Bacon peut nous fournir des exemples. Les recherches de Bacon sur la cause de la chaleur^ ont leur point de départ dans un certain nombre d'expériences qui sont sans grande valeur si on les criticpie au point de vue logi(pi<\ mais cpii ont exercé sur Boyle, sur Newton, plus tard même sur \oltaire, une influence remarquable. Bacon se contentait d'observations vagues qu'il interprétait en disant que la a forme du chaud » réside dans les mouvements intestins des corps. Ses successeurs compléteront ses recherches, et en analysant avec plus de précision les expériences mêmes dont Bacon fait état, établiront les théorèmes préparatoires de la théorie mécanique de la chaleur. Bacon n'aurait rien gagné à exagérer dès le début la minutie expérimentale, dans des matières où il fallait d'abord se faire des vues d'ensemble. Il en est de même dans toutes les questions où l'on emploie l'expérience pour la première fois. 11 est nécessaire que l'observation commence par négliger tous les détails des phénomènes. L'existence d'un caractèreconstant, commun à tous les phénomènes d'une même classe, est le premier résultat positif qu'il faille établir. Pour cela toutes les expériences sont bonnes, môme les plus simplifiées et les plus grossières, pourvu que le fait envisagé en ressorte clairement. C'est là sans doute ce que voulait dire Descaries lorsqu'il prétend que les expériences banales, celles (pi il nous est loisible de faire tous les jours, sont les j)lus instructives et les plus i)récieuses. Toute l'opuipie. toiile la mécanique peuvent se faire d'après lui à l'aide d'observations courantes : h's ball(>s ([ue se renvoient les joueurs ilonnent l'image exacte des rayons linnineux, le principe du levier et de la fronde siiffis(Mit à expliquer la macliiiK^ de l'uiiivers.
.Newton arc^rderail ais(''[neiit à Descaries ((ne h^s ex|)ériences simples et sommaires sont inie partie de la méthode expérimentale. Mais ces expériences ne peuvent avoir diilililé (pie dans les sciences commençantes. Nous avons vu (|n en ni(''i;nii(|iii' (dics founiissenl les faits j)rimitifs, les axiomes fondameidaiix .->iir les(pi(ds s'édilie lnul le reste. l-'.n pliysiipic,