V. Opl. L. IL V. ML l'rop. Vlll
réfraction on sera obligé de concevoir les corps comme parfaitement poreux, dans le cas de la réflexion on les regardera comme compacts, et entre ces deux cas il n'est pas de transition possible, i)uisquMn même corps peut donner lieu tantôt aux phénomènes de réflexion, tantôt à ceux de réfraction, et qu'wne même lumière, suivant les circonstances, est tantôt transmise, tantôt réfléchie.
La vérité est d'après Newton que les phénomènes optiques dépendent non seulement des propriétés moléculaires de la matière, mais de celles des espaces intermatériels. Les couleurs naturelles ne sont-elles pas la preuve qu'à l'intérieur des substances matérielles se passent des phénomènes de réfraction sélective, et cette réfraction pourrait-elle avoir lieu si les intervalles qui séparent les pores n'étaient pas remplis d'un milieu plus dense ou moins dense que le milieu matériel ^ ? Grâce à ce milieu on peut concevoir que les rapports de densité entre la matière et ce que nous nommons à tort le 'Gide varient d'une manière continue suivant les conditions où l'on se trouve. Dans certains cas un corps absorbera seulement les rayons rouges, et prendra par suite une couleur violette. Lorsque la matière sera répartie dans l'éther avec une densité moindre ou plus grande, on passera d'une manière continue du violet au bleu, au vert, au jaune, au rouge. On passera de même du cas de la réfraction à celui de la réflexion par l'augmentation continue de la densité de l'éther. D'une manière générale, la continuité physique sera de nouveau respectée, parce qu'à la considération des chocs nous avons substitué celle des actions d'ensemble.
A aucun moment Newton n'a admis l'optique cartésienne, mais il ne s'est pas élevé tout d'un coup à sa conception personnelle de la lumière. Si la théorie des tourbillons moléculaires ne l'a jamais satisfait complètement, pas plus en physique qu'en astronomie, ce serait une erreur de croire (ju'il lui oppose tout de suite une théorie de l'éther expliquant à la fois la propagation de la lumière et les attractions célestes. D'abord Newton n'a (entrepris qu'assez tard ses recherches de mécanique céleste. .lusqu"enlG74, il semble s'être occupé exclu-