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sivement de mathématiques et d'optique. Dans ce domaine il y avait trop à faire par la voie expérimentale pour qu'on put songer simultanément à l'édification d'une théorie. De lon-^ues années s'écoulèrent pour Newton dans les recherches de laboratoire avant qu'il communiquât à la Société Royale de Londres sa théorie nouvelle de la lumière et des couleurs. Les premiers travaux de Newton reposent sur une conception de l'éther extrêmement vague et confuse, i)lu3 voisine des idées anciennes qu'on ne pouvait l'attendre tout d'abord. La lumière s'y trouve encore décrite connue un mouvement quasi-matériel, et le mot d'éther n'est pas employé. Dans une seconde phase, qui est postérieure à 1671, et qui est marquée principalement par la polémique de Newton avec Hooke, l'optique newtonienne s'oriente de plus en plus vers les théories vibratoires et les théories de l'éther. Enlin, à partir de la publication des Principes et jusqu'à la tin de sa vie. Newton cherche un moyen de concilier la théorie de l'émission et celle des ondulations. Ce moyen lui est suggéré par sa théorie de la gravitation et de l'éther. Mais cet éther n'est ni une notion métaphysique, ni un dogn)e expérimental. C'est une véritable hypothèse, au sens newtonien, c'est-à-dire un auxiliaire de la science positive.
La communication faite par Newton le 8 février 1672 à la Société Royale de Londres S était destinée à faire connaître au pul)lic les expériences nouvelles sur la dispersion. Newton y résume les recherches qu'il a faites sur l'analyse et la synthèse des couleurs, et insiste principalement sur le rapport qui lie la réfrangibilité à la coloration. H eut été permis à Newton de s'en tenir là et de no risquer aucuu(> liypothèse sur l'essence intime de la lumière. Mais à cette époque Newton n'avait pas encore eu à souffrir des polémiques (pii devaient troubler son repos, il n'avait pas encore pour l'hypothèse cette défiance qui (levait se traduire bientôt dans tous ses ouvrages. On comprend alors qu'il s étende avec une certaine (•()ni|)laisance sur l'utilité (|u'on peut liiir «le ses expériences pour uik^ ex()lication philosophique de la lumière. Nous avons expli(|ué, dit-il. que la lumière est quelque chose dhélérogène. Selon les condition.5 dans les(|uelles on lobserve. ou peu! y découvrir des cuideurs
i. V. Ed. Ga>lillnii. T. II. p :2Sii >.|((.
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j,7S LA PHILOSOPHIE DE NEWTON
(lifféi-cnles; le blanc, qui semble la couleur la plus simple, est au fond la plus compliquée de toutes. Les couleurs du spectre sont caractérisées par un attribut invariable. Elles possèdent par rapport à un prisme donné un degré de réfrangibilité bien déterminé, qui ne change pas par des réfractions successives. Elles jouent par rapport à la lumière le rôle des qualités par rapport à la substance . La lumière possède la ([ualité d'être rouge lorsqu'elle est peu réfrangible, et sa teinte passe du rouge au violet à mesure ([tie la réfrangibililc augnicMite. 11 y a là (ptelque chose d'analogue à ce qu on rencontre en acoustique. Lair possède la proi)riété d'èlre sonore de diiïérentcs manières et les sons musicaux sont comme des qualités dont la matière, ébranlée est le sujet. Selon que rébranleinent est plus ou moins vif. la hauteur du son est plus ou moins grande.
Riais alors il y a bien des questions dont les philosophes ont cherché vainement la réponse et qui vont se trouver résolues. Les couleurs peuvent-elles exister dans les ténèbres ? Ou n'y a-t-il coloration que là où il y a d'abord lumière M' Newton laisse entendre (pu; les couleurs sont une manifestation accessoire dont la lumière est la condition primordiale. Les couleurs sont-elles des qualités de l'objet vu ? sont-elles au contraire des qualités de la lumière 1 L'idée de Newton est que les couleurs préexistent dans la lumière incidente, avant que la structure particulière des corps, en donnant lieu à des réflexions sélectives, les mette en évidence. Il faut donc dire que la couleur est un attribut de la lumière, comme le mouvement est un attribut du corps qui se meut. Mais tout attribut suppose nécessairement et immédiatement un sujet. Dans le cas de la lumière, le rôle de substance revient aux rayons lumineux. N'allons pas dire que ces rayons eux-mêmes sont des « qualités » -. Il ne i)eut pas se faire qu'une qualité soit le sujet d'une autre qualité. Une telle qualité serait substance et ne différerait des substances ordinaires que de nom. Les corps matériels ne sont appelés substances que parce (pi ils donnent lieu à des apparences sensibles. Parmi ces apparences, l'impé-