Ibid. p. 17 sqq
j)lanètes. Après quoi, à l'aide des mêmes propositions matiiématiques, on déduit de ces forces les mouvements des planètes, des comètes, de la lune et de la mer^ ».
La méthode de Newton va donc être mixte. Il est loin de croire qu'un procédé synthétique, analogue à celui de la physique cartésienne, suffise à constituer toute la science. Une pareille conception pouvait se justifier à l'époque d'Aristote où le monde réel était divisé en genres correspondant aux catégories de notre esprit. Alors on peut comprendre qu'un petit nombre de définitions absolues contiennent en puissance tout le savoir humain. 11 suffira d appliquer une logique rigoureuse à la classification des formes pour faire la synthèse du réel.
Déjà Descartes est moins excusable d'avoir voulu constituer une hiérarchie de phénomènes sur le seul fondement de quelques définitions premières. Il devait comprendre que la variété de la nature dépasse de beaucoup la sphère de nos prévisions et qu'à aucun moment nous ne pouvons prétendre à un système de définitions assez vaste pour embrasser tout le possible. Les découvertes physiques, géométriques, astronomiques, presque contemporaines des écrits de Descartes et pourtant incompatibles avec eux sont une preuve que le cadre de ses Principes était trop étroit. Les notions de « mouvement », de « choc », de «quantité d'action», qui sontà la base des Météores devaient céder la place aux idées nouvelles de force vive, d'inertie et de travail. Celles-ci à leur tour se modifieront bientôt, et Newton bien qu'il en fasse usage, ne leur attribue pas une valeur absolue.
Pour lui, la partie synthétique de la science, celle qui déduit des définitions admises la suite des vérités qu'elles renferment, n'est ni la seule, ni la plus importante. Llle doit toujours être précédée de recherches analytiques, qui aboutissent justement aux définitions. Prenons par exemple la notion de moment, telli" (ju elle iiilcrvicnt au déi)ul de la théorie de l'équilibre des corps solides. Cette notion ne doit pas ôtrc envisagée à la manière cartésienne comme une définition légitime en soi, parce (pi'elle est claire et distincte, et applicable aux choses parce qu'elle esta priori. Ceci ne saurait expliquer ni [)Ourquoi