V. Principes, L. 1, Prop. LXVEI, Théor. XXVI, p. 179 sqq
le premier, ne donne une solution complète. Les recherches astronomiques demeurent ouvertes à des approximations ultérieures, dont l'ensemble seul donnerait la solution exacte.
On voit comment va s'organiser pour Newton le développement de la mécanique céleste. Ce développement part du problème des deux corps, qu'on peut considérer comme parfaitement résolu. À ce problème vient se superposer le problème des forces perturbatrices du premier ordre, ou problème des trois Corps. Puis on recherchera, en se guidant toujours sur les inégalités signalées par l'observation, des approximations encore plus précises, sans jamais prétendre à des lois absolues. Ce progrès de la mécanique céleste, comme celui de toute science mathématique, doit marcher de pair avec le progrès des observations. A mesure que l’astronomie empirique trouve des relations de mieux en mieux vérifiées, ce sera le rôle de l'astronomie mathématique de donner à ces
relations une forme déductive.
C’est un des caractères originaux de la loi de gravitation universelle que ce perfectionnement successif dont elle estsusceptible, Avant Newton, on ne connaissait pas de loi qui püt de la sorte se compléter elle-même. Les théorèmes de Descartes sur les mouvements célestes étaient nécessairement faux ou nécessairement vrais. Ils ne pouvaient être admis comme approximation première, sauf à expliquer les inégalités d'observation par une application des mêmes théorèmes. Newton au contraire avait fort bien compris que nulle loi physique n'est absolue. Si l'on veut énoncer une loi qui présente un certain nombre de cas d'application, il faut renoncer d'avance à l'appliquer partout. Mais le désaccord de l'expérience et de la loi peut s'expliquer de deux manières. Ou bien la loïmême n'a d'exactitüde que dans un domaine restreint, ou elle est applicable dans tous les cas, la complexité des phénomènes dissimulant parfois la rigueur de la loi.
C'est cette dernière alternative qui a lieu pour la gravitation universelle’. La gravitalion se traduit dans les cas les plus simples par les apparences du mouvement képlérien, et dans les cas plus compliqués c'est encore elle qui fait que ce mou-
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