Cf. P. Drude, Physik d. Æthers, Ch. V
nouveaux ont été trouvés, il n’est plus certain que la réduction classique des forces électrodynamiques aux forces d'Ampère garde une valeur absolue.
D'ailleurs Newton avait entrevu le rôle indispensable de l'expérience dans le choix des lois élémentaires. Lorsqu'il s’agit. par exemple, de trouver la forme mathématique de l'attraction exercée par certains genres de matières ( matière gravitante, matière aimantée, etc.), Newton recommande { de «faire « de cette matière une sphère, un cylindre, ou un autre corps « régulier, dont la loi d'attraction puisse être déterminée. « Ensuite on fera des expériences pour déterminer la loi sui- « vant laquelle ce corps attire un corpuscule placé à diffé- « rentes distances, et de la loi que suivra l'attraction du total, « on lirera celle que doivent suivre toutes ses parties. » On conçoit que dans le choix de telles expériences, l'initiative du physicien joue un grand rôle. Il dépend du génie particulier de chaque savant de conduire les expériences de façon à dégager le plus commodément l'élément simple. L'arbitraire ici est d’ailleurs limité par les analogies qu’indique la nature. Ainsi lorsqu’on veut trouver la loi des actions qui font décrire à un mobile une trajectoire donnée, c’est suivant la tangente et la normale qu'il sera commode de décomposer la force, parce que cette décomposition est parfois réalisée dans la nature. De toutes façons, lorsqu'un mode de décomposition a été trouvé par le calcul, il reste à vérifier par l'expérience qu'il est effectivement valable. .
En même temps que les procédés de désintégration, Newton utilise des procédés tout différents. On peut les appeler des procédés de sommation. L'idée qu’on doit découvrir l’'homogène ou le simple en décomposant la réalité donnée, n'était pas chez Newton entièrement originale. C’est surtout par le caractère mathématique précis imposé à cette décomposition que Newton se distingue de Hooke ou de Descartes. Au contraire l'idée qu'une complication suffisante peut parfois redonner le simple, et qu'il est avantageux de mélanger les causes pour retrouver l'apparence d’une cause unique est une idée entièrement nouvelle que la science moderne doit certainement à Newton.