‹ La Philosophie de NewtonChapitre 173 sur 202 · CD RO · texte numérisé non relu

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l'action de cet esprit que les particules des corps s’atrent mutuellement aux plus petites distances, et qu’elles cohèrent lorsqu'elles sont contiguës ; c'est par lui que les corps élastiques agissent à de plus grandes distances, tant pour attirer que pour repousser les corpuscules voisins ; et c'est encore par le moyen de cet esprit que la lumière émane, se réfléchit, s'infléchit, se réfracte, et échauffe les corps ; toutes les sensations sont excilées par les vibrations de cette substance spiritueuse, qui se propage des organes extérieurs du sens par les filets solides des nerfs jusqu’au cerveau, et ensuite du cerveau dans les muscles. Mais ces choses ne peuvent s'expliquer en peu de mots, et on n’a pas fait encore un nombre suffisant d'expériences pour pouvoir déterminer exactement la loi suivant laquelle agit cet esprit universel! ». Comme on le voit, Newton est très près d’un transformisme physico-biologique, où l'éther, considéré comme agent universel, jouerait le rôle principal. Cet éther ou esprit devient par là même une réalité plus substantielle que toutes les autres, et il suffira qu'on efface la nuance qui sépare cet esprit universel d'un esprit pensant, pour qu'on ouvre la porte à un panthéisme unissant la physique à la métaphysique.

Comment Newton arrive-til à introduire dans la philosophie naturelle l’idée d'un être intelligent présent par son action dans tout l'univers? Il est évident d’abord, pour les raisons indiquées plus haut, que nous ne pouvons nous attendre à trouver chez Newton de preuve proprement dite de l’existence de Dieu. Newton ne s’est jamais proposé de faire une théorie de toutes pièces. Il cherche seulement à couronner sa physique par l'exposé de quelques inductions dont la théologie peut tirer profit.

On peut dire que l'expérience dans son ensemble nous enseigne l’existence de Dieu?. Ce n'est pas un fait particulier, une constatalion si probante soit-elle, qui peut permettre d'affirmer celle existence. Sur ce point, les philosophes empiristes ont eu tort en fondant leur théologie sur les harmonies particulières de la nature. Il n’est pas une cause finale qui, à elle

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