Principes, L. I, Scholie, p
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puisse mesurer le résidu de la première opération. Si cette approximation ne suffit pas, on en fera une seconde, et ainsi de suite jusqu'à ce qu'on arrive à une évaluation pratiquement exacte, C’est ainsique le mouvement diurne, par la succession périodique des jours et des nuits, a fourni la première unité de temps. Pour les temps plus petits qu'une journée, les anciens ont créé des mesures plus pelites, comme le temps d'écoulement du sablier, les modernes, se conformant davantage aux analogies arithmétiques, ont subdivisé l'unité en parties égales elintroduit des unités secondaires. Quel que soit le moyen qu'on applique à la mesure du temps, on suppose loujours quelque chose d'analogue : un phénomène périodique régulier, d'autres phénomènes périodiques à périodes plus courtes servant à mesurer les excédents fractionnaires.
Il est impossible, on le voit, de songer à faire une mesure du temps, si l'on ne possède pas un étalon constant, c'est-àdire de période invariable: Or qui nous assure en pratique de l'invariabilité des périodes ? On a d'abord pris les jours naturels pour une mesure égale du temps. Mais les astronomes savent depuis longtemps que tous ces jours sont inégaux, et afin de mesurer les mouvements célestes par un temps plus exact ils ont divisé en parties égales l'année solaire moyenne et ont convenu d'appeler jour moyen l'unité provenant de cette subdivision. Est-ce à dire que l'unité nouvelle soit absolument invariable ? Non seulement cela est douteux, mais nous savons que les inégalités séculaires du mouvement diurne deviennent insensiblement appréciables et entraînent un changement du Jour solaire moyen. On peul songer alors à se servir de phénomènces autres que Îles phénomènes astronomiques. Il suffit qu'un phénomène physique se reproduise sans altération pour qu'il puisse servir d'étalon de durée. C'est ainsi que les mouvements du pendule, les vibrations d'un diapason sont devenus le principe des horloges et des chronographes. Cependantici encore des causes d'erreur se manifestent. La résistance que le milieu fluide oppose aux allées et venues d'un pendule suffit à créer d’une oscillation à l’autre un retard de marche croissant. Les vibrations d'un diapason, au lieu d'être rigou-
reusement isochrones, sont de période légèrement variable
selon l'amplitude et l'amortissement. « Il est très possible, dit
Lun dt dt.
Newton, quil ny ait point de mouvement parfaitement égal qui puisse servir de mesure exacte du temps. Car lous les mouvements peuvent être accélérés et retardés, mais le temps absolu doit toujours couler de la même manière. » ,
On voit alors ce que sera ce Lemps absolu. Si nous nous servons d'une unité de temps de plus en plus constante et identique à elle-même, les temps relatifs que nous mesurerons se rapprocheront de plus en plus du temps absolu. Il est impossible d'arriver réellement à un étalon fixe. La mesure exacte du temps est un idéal dont on ne peut qu'approcher. Mais théoriquement on conçoit qu'à l’aide de corrections successives on tire des mesures relatives une mesure absolue du temps. Ainsi lorsque nous parlons du temps absolu, nous n’admettons pas une réalité à part, incomparable avec le temps sensible. Ces deux grandeurs sont homogènes, elles ne diffèrent que par un terme correctif dit « équation du temps ‘ ». Le temps absolu est mesurable pour les mêmes raisons que le . temps relatif. Mais tandis que dans ce dernier cas les nécessités de la pratique nous contraignent d'employer des unilés concrètes, on peut, lorsqu'il s'agit du temps absolu, passer à la limite et faire usage d'unités idéales qui sont par définition invariables ?.
Il faut envisager d’une manière analogue l’espace absolu. « L'espace absolu, sans relation aux choses extérieures, demeure toujours similaire et immobile. L'espace relatif est cette mesure ou dimension mobile de l’espace absolu, laquelle tombe sous nos sens par sa relation aux corps, et que le vulgaire confond avec l’espace immobile. » Admettre l'espace absolu, ce n’est pas aux yeux de Newton faire une supposition métaphysique, c'est admettre à proprement parler que des mesures de longueur sont possibles”. L'esprit vulgaire est