Principes, L. 1, Scholie, p
9. Ibid. « La durée ou la persévérance des choses est donc la mème, soit que les mouvements soient prompts, soit qu'ils soient lents, et elle serait « encorelamème quandiln'y aurait aucun mouvement. Ainsiil fautbien distinguer le temps et ses mesures sensibles, et cest ce qu'on fait par l'équation astronomique. La nécessité de cette équation dans la détermination des Phénomènes se prouve par l'expérience des horloges à pendule, et « par les observations des éclipses des satellites de Jupiter. »
3. Nous nous plaçons à un point de vue exclusivement historique, et nous cherchons à faire voir comment, dans la doctrine de Newton, le pos-
iS6 LA PHILOSOPHIE DE NEWTON
parfaitement capable de concevoir cet espace absolu. On peut lui reprocher seulement de voir l’espace absolu là où il n’est pas, c'est-à-dire dans des déterminations rapportées à des repères variables. Soit l'exemple du chemin parcouru par la lune sur son orbite. L'esprit vulgaire s'imagine qu’un espace. quelconque, pris au-dedans de la terre ou dans le ciel, « est déterminé par la situation qu'il a à l'égard de la Terre ! ». Il croira que la lune est liée à la terre et décrit autour d'elle une orbite circulaire. De là des déterminations qui ne sont pas fausses par elles-mêmes, mais qui sont fausses par la signification qu'on leur attribue. Si l'on se rendait compte qu’on vient de mesurer des grandeurs relatives, on resterait fidèle au point de vue scientifique. C’est lorsqu'on attribue aux repères terrestres une immobilité absolue qu'on tombe dans lerreur. L'origine de cette erreur physique se trouve, de l’aveu même de Newton, dans «les nécessités de la vie civile? ».
L'espace absolu où immobile n’est mesurable que théoriquement. En fait, une portion de l'espace absolu est de même nature qu'une partie de l'espace mobile avec laquelle elle peut venir en coïncidence. Ainsi la terre, entourée de son atmosphère est un sphéroïde que nous croyons immobile et qui coincide à chaque iuslant avec un sphéroïde identique dans l'espace absolu. Si nous possédions des unités de longueur, de surface, de volume, qui fussent rigoureusement invariables, nous pourrions essayer de procéder à une mesure absolue de l'espace. Mais nous savons que les points de repère, nécessaires dans toute mesure, se modifient constamment. Les systèmes de comparaison que nous Supposons fixes vont en se déformant ou en se déplaçant, et les longueurs que nous pen: sions mesurer absolument seront mesurées par rapport à une
tulat d’un espace absolu est lié à la croyance en une science mathématique. Nous montrons l'importance qu'a eue ce postulat sur le développement de la Géométrie et de la Mécanique. En se plaçant à un tout autre point de vue, il est possible de se demander ave M. H. Poincaré (La Science el l'Hyypothèse, Ch. vnr, p. 135 sqq.) quelle est de nos jours la portée de ce qu'on nomme « le principe du mouvement relatif » et dans queile mesure un pareil principe est une donnée de l'expérience. Nous renvoyons, pour l'étude de cette question, à l'ouvrage de l'illustre géomètre (Paris, chez Flammarion, 4902).