Ibid. Prop. XXXVI, Cor
1er non comme la loi des plu'^nomî^nes réels, mais comme la loi (l'un phénomène limite dont la réalité s'approche indéllniment. C'esl ainsi ((ue la désignation de chaque couleur par lindice de réfran-ihilité ([ui lui est propre ne convient n^oureusement qifà une couleur idéale, celle cpii sérail parfaitement monochroniafiqu(> ou ne comporterai! que des radiations diuiesiMdo lon-ueur d'onde. N<»us savons aujourd hni (pn^ les faisceaux lumineux les plus ténuscomplent encon^ unc^ inlinilé <le yihralions et ne peuvent posséder ([u un indice moyen. La dispersion mathémati(pie des couleurs n'est donc qu'un phénomène limite, dont l'expérience s'approche sans Tatteindre jamais. Kst-ce à dire (pie les lais d(^ la dispersion n'aient pas de valeur ohjretiv»^.» Cela ii'est pas plus vrai pour clh^s que pour les lois delliydrodynaniiquc ou dv Tarouslicpie. Toute loi physiiiue, pour kvc une loi limite, n'en (^st pas moins une loi ohjective. Il y a un intérêt évidiMit pour le physicien oi pour le mathématicien à suhstiluer aux fornuih^s incomjdètes (pii résument les faits des formules limites trouvées par induction, qui ne corres|)ondent peut-être à aucune réalité, mais sont au moins le type idéal dont la nature s'ai)proche indéllniment. La difficulté que nous rencontrons ici est de tous points semhlahle à celle qui se pose dans le domaine mathématique. Là aussi nous avons un intérêt puissant à suhstiluer des p^raudmirs limites, — dilïérentielles ou intégrales, — à la suite de grandeurs fuiies qui s'en rapprochent uniformément. En nous servant des symboles du calcul inlinitésimal nous ne portons aucune atteinteà la réalité géométrique. Nous la simi)lilions seulement et nous la rendons plus distincte par un langage abrégé. Les lois physiques jouent le même rôle par rapport aux phénomènes naturels. Elles sont un langage qui n'est pas arbitraire, bien qu il substitue aux observations concrètes des formules limites qui les symbolisent. 11 y a toute une partie de l'ouvre de Newton que nous avons peine à ranger aujourd hui sous notre conception de la physique mathémati(pie. Nous voulons parler de ses travaux fragmentaires sur la chaleurs sur les combinaisons chimiques S
1 V Scalu Gradmnn Calons et Fnrjons,VWi\. Trans. avril 1701, a» ->T0. Ed. Castillon, Œuvres Math. T. 111, Opusc XXI.
2. V. Dissertalio de natura Acidosum.. Edit. in Pnefal. Diclionaru Technici Jolumnis Harris, Ed. Castillon, T. III, Opusc. XX.
-<fe«»aMi
■il I iiiM>* -
et même à certains égards de son optique ^ Pour les premiers on peut accorder que Newton, malgré son souci de précision, était hors détat d introduire le calcul dans des parties de la science h peine constituées. Ses idées sur la chimie sont extrêmement eurieuses, on y trouve une tentative toute nouvelle d'explication des fonctions chimiques au moyen de propriétés m(^caniques. Mais Newton ne saurait porterie reproche d'avoir méconnu le caractère quantitatif d'une science qui arrive péniblement aujourd'hui à revêtir la forme mathémati(iue.
La Thermométrieet la Calorimétrie sont elles aussi deux parties de la pbysiiiue où l'application desmathémati(iues est particulic'rement délicate. C'est grâce aux travaux de Fourier sur la théorie analyti(pie de la chaleur, grâce aussi aux principes de la Thermodynamique, qu'on arrive aujourd'hui à formuler des lois (jui lient les températures et les (luantités de chaleur à d autres grandeurs exactement mesurables. Il n'y a rien de surprcMiant à ce qu'on ne trouve chez Newton, touchant ce double genre de recherches, que des indications expérimentales. Nous savons pourtant que même en ces matières, Newton croyait possible d'employer le calcul. Les efforts qu'il fit pour tr(3uver la loimathémati(pie du rayonnement en sont une
preuve suflisante.
\: Échelle des degrés du chaud el du froid, telle quelle est donnée par Newton dans le i)clit opuscule inséré aux PhilosO' phical Transactions (1701) se présente comme un tableau à double entrée. Dans une première colonne nous trouvons les « degrés de chaleur » (températures) correspondant à un certain nombre de phénomènes naturels (fusion de la glace, fusion de Tétain, du plomb, etc.) classés suivant une progression arithmétique. Dans une seconde colonne les mêmes températures sontordonnées en progression géométrique. En combinant les expériences avec les nombres donnés par le tableau, on peut déduire, par un calcul que Newton indique, la loi exponentielle du refroidissement. Inversement, si on admet cette loi a priori, qWq peut servir à construire le double tableau. En réalité les deux procédés ont été employés simultanément par Newton, et nous avons là un exemple frappant de la manière d'être des