Cf. Principes, L. III, Piop. VI, Cor
On peut aller plus loin. 11 y a chez Newton non seulement autre chose que le mécanisme, mais de véritables arguments contre toute métaphysique mécaniste. L'idée profonde des doctrines mécanistes est que la manière d'être de la matière sensible dépend de celle d'une matière insensible, dont elle est composée. Ramener toutes choses au mouvement, c'est ce que le physicien ne peut faire qu'en considérant les corps naturels comme formés de corpuscules invisibles soumis aux mêmes lois que les masses ordinaires. Ces corpuscules ou molécules sont les éléments derniers de la réalité. Les propriétés ([uils possèdent sontabsolues (dureté, élasticité, etc.) et le caractère relatif des pro[)riétés sensibles vient du mélange des éléments. Les éléments sont insécables, ce sont des atomes, parce que s'ils se comportaient comme les corps divisibles ils requerraient à leur tour une explication. C'est là le trait commun à tous les matérialismes. Us reculent la difficulté que soulève l'origine des propriétés de la matière dans le domaine d'une matière subtile, intangible, indivisible, et font de la molécule ou de l'atome l'élément immuable des
« corps ».
S'atlacpier à l'immutabilité de l'atome, c'est donc le meilleur moven de renverser les théories moléculaires. Se refuser à accorder une existence absolue non seulement à la matière composée mais à ses particules, c'est ôter à la réduction qu essaye le mécanisme toute validité. Or on trouvechez Newton au moins d'une manière implicite, une véritable critique de l'idée de « molécule ». Nous faisons allusion au second livre de VOpliqui', où Newton parvient à la notion de molécule à l'aide des phénomènes d'interférence ^ 11 est clair que l'idée de molécide ne pouvait satisfaire un esprit comme Newton si elle ne s'accomj)agne pas d'une détiM-mination numérique servant à fixer les dimensions de l'élément. H ne suffit pas de dire avec les atomisles grecs que la molécule est une masse très petite, il faut (|ue nous soyons fixés au moins sur l'ordre de grandeur qu on doit lui attribuer. Or les phénomènes de coloration des lames minces et une foule d'autres phénomènes optiques peuvent justement servir, d après Newton, à préciser cet ordre