V. la Portée du Calcul des Fluxions
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tiellcment un principe d'économie, suivant lequel la nature ne dépense jamais en vue d'une fin donnée que le minimun d'efforts strictement nécessaire : if/mrtx/mj(Si>r;PS/e/î^re/7eca«s,mt7îmo,
ut lia dicam, sumptu. C'est ce que les modernes ont nommé le principe de la moindre action. Newton n'a nulle part analysé complètement ce principe, mais il ressort de certains passades de ses ouvrages qu'il ne l'admettait pas tel quel.
Il semble avoir compris que l'effort ne se mesure pas au seul mouvement, et qu'il existe des formes d'énergie distinctes de l'énergie cinétique. Ces formes d'énergie se subordonnent les unes aux autres et il en est qui se transforment en d'autres plus facilement qu'elles ne naissent de celles-ci. Ainsi le mouvement comme le croyait Descartes, la force vive, comme le pensait Leibniz, ne tendent pas à se conserver perpétuellement en vertu d'une finalité qui leur est propre. « La nature a toujours plus de penchant àce que le mouvement périsse qu'à ce qu'ilnaisse*».
Uy a donc dans la nature une dégradation constante d'énergie, une action de frein en vertu de laquelle tout travail exige non seulement une dépense, mais une perte sans compensation. Au lieu d un principe d'économie rigoureuse on rencontre ici un « principe de dépense -» , la nature tendant à la stabilité aux dépens de l'immutabilité.
Les considérations de stabilité ne sont pas les seules qui aient conduit Newton à la métaphysique. 11 en est d'autres, qu'il a développées surtout à la Un des Principes ^ et qui viennent compléter les précédentes. L' « uniformité du cours de la nature » est une expression qui revient à maintes reprises chez lui. Elles reçoit dans les Principes un sens très précis, et devient une preuve indirecte de la providence divine.
Que faut-il entendre au juste par le cours uniforme de la nature ? Le sens commun entend surtout par là un ensemble d'analogies vagues, d'où il tire le sentiment, également vague, d'une intelligence directrice. Pour Newton, l'uniformité de la nature est mesurable mathématiquement. Prenons l'exemple du
1. V. Opt. Qitœst. XXXL « Multo magis in eam sempcr parlem vergit natura rerurn, ut pereat motus quam ut nascatur. »
2. On pourrait rapprocher ce principe encore rudimentaire chez Newton, du second principe de la thermodynamique.