‹ La philosophie de Newton [microform]Chapitre 185 sur 208 · Prsesens prsesentes res complectitur · texte numérisé non relu

Prsesens prsesentes res complectitur

seul et même Dieu partout et toujours- ». On remarquera que ce sont les organes des sens, la sensibilité, le sentiment, qui unissent Dieu aux créatures. La raison et les facultés intellectuelles sont reléguées par Newton au second plan. Chez lui les rapports de Dieu au monde sont moins rationnels que mystiques.

Nulle part ce mysticisme n'apparaît mieux que dans les dernières pages des Principes, où Newton parle d'un dernier attribut de Dieu, qui serait le premier dans Tordre d'importance, et qui est trop souvent négligé par les métaphysiciens spéculatifs. Cet attribut est celui de la « domination », en entendant par ce mot le caractère de la divinité qui la rend digne d'adoration et de respect.

La meilleure manière de se représenter Dieu n'est pas de le regarder comme l'âme du monde, mais comme le seigneur de toutes choses. L'épithète qui convient le mieux au seigneur Dieu est celle de TcavToxpàTwp, c'est-à-dire de maître universel. Car Dieu est un mot relatif et qui se rapporte à des serviteurs. L'étymologie môme confirme cette idée. Pocock fait dériver le mot de Dieu du mot arabe Du (au génitif Di), qui signifie seigneur, et c'est dans ce sens que les princes sont appelés Dieux (au psaume 84, v. 6, et au x® ch. de saint Jean, v. 45). Moïse est appelé le Dieu de son frère Aaron et le Dieu du roi Pharaon (ch. IV de V Exode, v. 16, et chapitre vu, v. 1), et dans le même sens les âmes des princes morts étaient appelés Dieux autrefois par les Gentils, mais c'était à tort, car après leur mort ils n'avaient plus de domination. Le Très-Haut est un être infini, éternel, entièrement parfait ; mais un être quelque parfait qu'il soit, s'il n'avait pas de domination, ne serait pas Dieu. Car nous disons mon Dieu, votre Dieu, le Dieu d'Israël, le Dieu des Dieux et le seigneur des seigneurs, mais nous ne disons point mon Éternel, votre Éternel, l'Éternel d'Israël, l'Éternel de Dieu; nous ne disons point mon infini, ni mon parfait, parce que ces dénominations n'ont pas de relation à des êtres soumis. Le mot de Dieu signifie quelquefois le seigneur. Mais tout seigneur n'est pas Dieu. La domination d'un être spirituel est ce qui constitue Dieu ; elle est vraie dans le vrai Dieu, elle

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