‹ La philosophie de Newton [microform]Chapitre 60 sur 208 · Principes, L. Il, Vvo[k LXX.XII · texte numérisé non relu

Principes, L. Il, Vvo[k LXX.XII

i>. Principes, Ucf. VIL

sera démontré que le champ de forces magnétiques le plus général est la superposition d'un champ newtonien et d'un champ déviant ou directeur. :Mais si l'on s'en tient aux expériences grossières qui avaient été faites par Descartes, c'est-àdire si l'on suppose un aimant élémentaire dont les pôles sont physi([uement confondus, la loi des forces centrales devient de nouveau applicable. Il en est de même dans le cas théorique où l'un des pôles est rejeté à l'infini et où l'on étudie l'action isolée d un pôle uni(iue sur une masse magnéli(iue. On peut (hre que l'exemple du magnétisme joint à celui de la pesanteur avaient conduit Xewton à l'idée que tous les champs de forces doivent être des champs de forces centrales. De fait les actions optiipies, les attractions astronomiques, les affinités chhniques, toutes les forces naturelles en un mot, vont être considérées par Xewton comme jouissant de la propriété (jui appartient aux

forces gravitantes.

Nous savons aujourd'hui que la généralisation de Xewton était hâtive et défectueuse. Mais en même temps l'histoire nous apprend que cette généralité extrême a été utile pour la constitution de la Physique. Les chami)S qui n'obéissent pas aux lois de forces centrales sont bien connus aujourd'hui : ce sont par exemple les champs laplaciens qui se présentent en électrodynamiipie ou les champs tourbillonnaires de la théorie des fluides. Dans les cas de ce genre, la déternunation delà force dépend non seulement de la position du mobile, mais de sa vitesse, de sa distance angulaire ou du temps. Il en résulte des dinicultés de mesure <pii sont aujourd'hui encore presque insurmontables et une complexité extrême dans les lois de l'équilibre et du mouvement. Au lieu de cela le cas des lorces centrales est le plus simple de ceux que la Dynamique ait à envisager. 11 implique l'existence d'une fonction des forces et entraîne la conservation de l'énergie. Il s'ensuit que l'hypothèse de Newton était la plus ai)i)ropriée au progrès de la science de son temps. En assimilant toutes les forces mécaniciues aux forces centrales de la pesanteur, non seulement il lui sera possible de s'élever au cas de la gravitation, mais encore il suggérera la réduction à un problème d'attraction des problèmes généraux de l'élasticité et de l'optique. Ici comme dans sa Mélhode des Fluxions, Newton a pressenU d'instinci quelles étaient les directions à

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suivre. Il avait pu vérifier en astronomie que l'existence des forces centrales suffisait à expliquer lous les détails des mouvements planétaires. Dans les autres parties de la science, il prévoyait que sa manière de voir faciliterait l'application du calcul. Bien que la Physique moderne ait réduit le principe des forces centrales à des limiles plus restreintes, il faut reconnaître que la hardiesse de Newton s'est trouvée justifiée par le succès.

On peut se demander ce que deviennent les définitions de Newton relatives à la force api)Ii(iuée et à la force d'inertie lorsqu'on se transporte du (h)maine de la Mécani(iue lialionnelle au domaine de TAcousticiue ou de fllydrodynamicpie. Lorsqu'un son se pro])age dans fair ou dans un mih'eu autre que Tair, il est clair qu'il y a là un mouvement. Certaines particules de fluide sont déplacées, et l'on peut mettre le dé[)lacement en évidence par des artifices bien connus ^ De même lorsqu'une onde se propage à la surface de l'eau, là encore il y a mouvement bien que le déplacement réel des particules soit tout différent de ce que les apparences optiques nous présentent. On sait avec quel soin Newton s'est efforcé d'élucider ces deux exemples. La théorie mathématique du son et le mouvement continu des fluides ont été de sa part l'objet de recherches incessantes accompagnées de nombreuses tentatives de vérification expérimentale. Cependant, dans l'un et l'autre cas, les mouvements auxquels nous avons affaire ne ressemblent pas à ceux des corps solides. Il est difficile de les assimiler au transport dune masse invariable le long d'une trajectoire déterminée, plus difficile encore de se faire une idée des forces qui président à ces mouvements. Nos yeux ne peuvent suivre exactement les positions successives de l'objet mobile, et le phénomène nous apparaît plutôt comme un état moyen du milieu que comme la translation d'un système invariable. Comment parler de la masse matérielle d un élément fluide pris isolément? Cette masse est une fiction, et rien ne prouve que l'élément fluide se comporterait de la même façon une fois qu'on l'aurait séparé des éléments voisins. Comment définir l'accélération d'une particule déterminée au sein d'un

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