Principes, L. 1, Scholie, p
base dont la variation nous échappe. Parfois il est possible d'introduire dans la mesure des longueurs une correction analogue à l'équation du temps. C'est par exemple un fait bien connu des métrologistes que la correction de température propre à chaque étalon. Mais ici encore une approximation indéfinie n'est possible qu idéalement. Un système vraiment iiàvariable ])eut se concevoir comme une limite, et c'est là que sera le modèle d'un espace absolu. Les nécessités de la physique concrète nous obligent à la relativité en matière d'espace comme celles de l'astronomie concrète nous obligeaient à la relativité en matière de temps. Dans l'un et l'autre cas l'absolu nous échappe, par l'imperfection de nos connaissance^sensibles. Mais aussi dans les deux exemples, nous laissons subsister avec Newton, à titre de limite idéale, la possibilité d'une mesure absolue. Si nous savions à quel mouvement est lié le mouvement de la t(MT(^ à quel autre mouvement est lié celuilà, et ainsi de suit(i jus({u à 1 infini, les mesures que nous nommons relatives j)ourraient acquérir une valeur absolue. En réalité l'espace absolu et l'espace relatif, comme le temps absolu et le temps relatif, ne diffèrent ni d'espèce, ni de grandeur, (( mais ils diffèrent parfois de nombre^ ». Ceci veut dire que leur estimation peut conduire à des résultats différents selon le système de référence qu'on adopte. L'esprit mathématique ici comme ailleurs se distinguera de 1 esprit vulgaire en ce ([u'il étudie les mêmes objets avec plus de rigueur, en ce qu'il se rend compte à chaque instant de la relativité de ses méthodes et des degrés qui le séparent d'une mesure absolue-.
Après avoir montré dans quel sens Newton emploie les expressions à espace et de tem'ps absolus, on peut décider s'il y a des points de contact entre sa théorie et celle de Leibniz. Pour ce dernier, l'espace et le temps sont de pures relations. Ils résultent de notre manière de voir, et ne sont que des