INTRODUCTION XVII
Tun purement scientifique, Taulre métaphysique. Au point de vue scientifique, la raison des phénomènes, par exemple de la dilatation ou de la condensation des corps, est dans leur loi; dire que tout phénomène a une idée, que toute « diversité sensible » a une « unité qui la relie », c'est dire que tout phénomène a une loi, c'est dire que tel corps, par exemple, a tel coefficient de dilatation. En ce premier sens, le principe platonicien de Tuniverselle intelligibilité devient un principe d'universelle explicabilité. On ne peut expliquer une chose, la dilatation, qu'au moyen d'une autre dont la première dépende, telle que la chaleur; il n'y a donc de connaissance proprement dite, de connaissance explicative, que d'une diversité (volume et chaleur), et d'une diversité liée (rapport numérique entre le volume et la chaleur). C'est dire, en termes modernes, qu'il n'y a de connaissance que du déterminisme, c'est même presque dire qu'il n'y a de connaissance que du mécanisme.
Mais ce n'est pas en ce sens qu'on peut dire, avec Platon, que V intelligibilité soit un bien. En effet, comprendre et expliquer une chose par une autre dont elle dépend dans le temps et dans l'espace, c'est moins la poser en elle-même que la détruire; c'est la faire 8*évanouir dans les autres existences et celles-ci dans d'autres encore, à l'infini ; c'est décomposer le mécanisme de ses rouages, et chaque rouage en d'autres rouages; il n'y a là rien de proprement bon : avec la vie, cette anatomie fait disparaître tout ce à quoi notre désir pourrait se prendre et notre amour s'attacher.
Mais le principe d'universelle intelligibilité est sus-