‹ La philosophie de Platon (volume 2)Chapitre 17 sur 61 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

multiple à Tun, un délerminisme de relations liées entre elles, en un mot un objet de pensée, cet être réel doit avoir en lui quelque chose d'analogue à la pensée même, non dans ce qu'elle a de proprement humain, mais dans ce qu'elle a d'universel.

C'est, avons-nous dit, cette seconde proposition du platonisme qui a produit la philosophie d'Aristote, où le principe suprême devient la pensée. La philosophie d'Aristote est plus étroite que celle de Platon, parce que le disciple a refusé de suivre l'élan dialectique jusqu'à l'unité première, où a lieu la synthèse de l'un et du multiple sous la forme de l'Idée. L'aristotélisme demeure surtout une philosophie de Tintelligence. Pour Platon, l'unité suprême était « au-dessus de Tintelligence et de l'essence » ; Platon admettait donc qu'elle est plus qu'intelligente, plus que pensante, plus que sujet pur (voG;) et aussi plus qu'objet pur (o'jTta); mais elle n'en a pas moins en soi tout le réel de la pensée.

La seconde thèse du platonisme, devenue la première de l'aristotélisme , ne peut être considérée aujourd'hui que comme une conception toute problématique. Il est clair que nous entrons ici dans le domaine des représentations plus ou moins symboliques et inadéquates. L'Être universel est une Pensée^ dit Platon; un monde infiniment intelligible doit être, en un sens supérieur, infiniment intelligent; le devenir de l'univers-objet, son évolution comme système intelligible, est explicable seulement par l'évolution de Tunivers-sujet, source intelligente de ce système intelligible. Cette , proposition platoiii-

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