XII INTRODUCTION
cot essor de Tesprit du philosophe pour s'élever de la contemplation de la copie que lui offre Tordre physique du monde à cet ordre architeclonique qui se règle sur des fins, c'est-à-dire sur des idées *. » On voit que Kant admet à peu près tout le platonisme; seulement, il change ce que Platon appelait ronnaissance du réel en conception d'un idéal dont la réalité demeure un problème. Encore Kant ne reste-t-il pas lui-même fidèle à cette méthode.
Demandons-nous maintenant si, après la critique de Kant, les principes fondamentaux du platonisme gardent encore un caractère plausible.
Avant tout, Platon est réaliste et moniste; il admet que nos idées correspondent à la réalité et même que lii pensée, dans le fond, fait un avec l'être. La critique do Kant, au contraire, en tant que critique, est faite du point de vue conceptualiste, qu'on opposa au réalisme de Platon dans la lutte sur les idées à travers l'ijutiquité et le moyen âge. Le conceptualisme, en clïel, rapportait l'origine de toutes les notions universelles, de toutes les idées, conséquemment de toute la science humaine, non à l'objet pensé, mais au sujet pensant et à sa constitution particulière. L'idéalisme subjectif, comme on l'a remarqué, n'est pas sans analogie sur ce point avec le conceptualisme. Pour le partisan de l'idéalisme subjectif, en effet, les
i. Critique de la Raùson pure, trad. Barni, 1, 375 et suiv.