‹ La philosophie de Platon (volume 2)Chapitre 8 sur 61 · INTRODUCTION XIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XIII

Idées de Platon sont simplement dans notre conscience : la conscience est la seule donnée certaine ; le phénomène est une modification de notre conscience : il dépend, pour son existence comme phénomène, de la conscience seule, car il est une « représentation ». La loi des phénomènes est aussi la manière constante dont nos représentations sont liées, en vertu de notre nature; le savoir est la série des changements qui se succèdent régulièrement dans la conscience, en raison de ses formes constitutives. On ne peut être certain que des phénomènes, c'està-dire, en dernière analyse, des représentations. Nous sommes à jamais enfermés dans la « caverne ».

Toutefois Kant, avec Platon, admet que nos représentations sont des ombres d'une réalité supérieure, et par là il ajoute au phénoménisme un réalisme transcendant; mais cette réalité demeure en elle-même inaccessible : la chose en soi reste en soi, comme dit Platon dans le Parménide^ et nous, nous restons en nous-mêmes. Il en résulte qu'en somme notre science ne dépasse point des apparences bien liées. Il y a en définitive deux mondes séparés, le monde des réalités et le monde des apparences : c'est une sorte de dualisme du sujet et de Tobjet.

Dans Platon, la séparation des deux mondes n'est que symbolique et provisoire. La réalité n'est pas vraiment hors de notre pensée, tandis que les apparences seules lui seraient intérieures; les formes de la réalité, les Idées, nous sont intimes en une certaine façon, puisque nous pouvons les retrouver en nous par la réminiscence^ c'est-à-dire par une réflexion

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