INTRODUCTION
Plaloû fut notre premier rnaKrc ot même notre seul maître, 11 exerça sur nous cette ï^ortc d'atlracliof) qu'il compare lui-même i< à la vertu de Taira au t, se communiquant d'anneuu en anneau et formant comme une chaîne d'înspiralions ^>. Pnis^ de Platon, nous remorilâmcs à Socrate. La conclusion de nodc mémoire sur Platon contenait des Essais de philosophie platonicienne écrits avec rcnthousiasrac de la jeunesse, sons rinlluence de la grande doctrine idéaliste que nous venions d'étudier et de commenlei'. Nous avons cru devoir laisser ici ces essais, à cause de la faveur avec laquelle ils furent jadis accueillifi et des éléments de vérité ou de possibilité qu'ils peuvent encore contenir. Nous y avons même ajouté des fragments de notre mémoire sur Platon que nous n'avions pas d'abord publiés. Nous n'tivons rectilié que les inexactitudes de défiuclion^ sans modifier les principes qui servent de point de dépari, (jT^oëi^nq. Quoique notre pensée, depuis ces années de la jeunesse, ait subi le changement et le développement
Vï INTRODUCTION
iiii^Hitablos pour toute pensée vivante et sincère, nous croyons qu'il y a encore et qu'il y aura toujours, pour le philosophe, de Tutilité à dire comme Ramus : — Moi aussi je veux socratiser, je veux platoniser. — Il y a ime i^orte de platonisme éternel qu'il importe au philosophe de comprendre, une Idée du platonisme que loiil homme qui pense peut retrouver au fond de sa peniàùe mùme : c'est cette Idée que nous avons essayé de dégager de ses nuages. Il ne peut être que saliilaire à l'esprit positif de notre époque de quitter quelques instants le domaine des faits pour s'élever avec Platon vers les cimes, c'est-à-dire vers les Idées.
La métaphysique est, dans ses dernières spéculations^ essenliellement constructive. La vérification directe des systèmes métaphysiques étant impossible, on est obligé de les juger d'après un double critérium : 1** leur concordance intérieure comme eonslructîoïi de la pensée, ayant pour but la réduction de tout notre savoir à l'unité; 2^ leur concordance avei- les résultats de la science actuelle, soit physique, soit psychologique, concordance qui est une preuve Je leur valeur comme moyens d'unification \ Nou^ avons essayé, dans les pages qui suivent, de reconslruire une philosophie platonicienne aussi complète, aussi une, aussi harmonique en ses diverses parties qu'il nous était possible. On devra prendre nos spéculations comme un édifice d'idées élevé par la méthode dialectique, édifice que nous
1* Voir noire livre intitulé ÏAvenir de la métaphysique foml0e xur rt'.rpérience.
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